Faire ses trajets à vélo en ville dès 10 ans, impossible ? Dangereux ? Pas si les enfants sont correctement formés et encadrés affirment les écoles. À Bruxelles, elles sont nombreuses à avoir mis en place le concept de Vélo Bus.

Une vingtaine de vélos en rang d’oignons avec, à leur commande, des élèves de cinquième et sixième primaire. Le tableau est de plus en plus fréquent dans les rues de Bruxelles. Les classes se déplacent de cette manière pour se rendre à la piscine ou encore au musée. Une solution non polluante qui laisse aux enfants la liberté de se défouler et de crier. Mais s’insérer dans le trafic automobile bruxellois ne se fait pas n’importe comment. Avant de se lancer, enfants et encadrants doivent suivre une formation. L’ASBL Pro Vélo est souvent sollicitée pour cette mission.

Une formation sur mesure

Il leur faut une matinée pour mettre le dispositif en place avec des élèves de minimum cinquième primaire. "On commence par les regarder rouler dans la cour de récré, ensuite on attribue une place à chaque enfant. Certains à l’avant et d’autres à l’arrière en fonction de leur niveau, de leur comportement…", explique Camille Yemeniz, chargée de mission pédagogique de Pro Vélo. Les jeunes cyclistes s’entraînent ensuite à rouler ensemble dans un périmètre sécurisé. Ils apprennent à passer d’une à deux files et à réagir dans des situations simulées. L’après-midi ils pourront déjà sortir pour une période test de deux heures dans la circulation : "On leur fait découvrir l’itinéraire, apprivoiser un carrefour… Il faut que chaque élève se sente à l’aise et puisse franchir la difficulté sans problème."

Le vélo : pas encore accessible à tous

Mais dans certaines classes, des élèves ne sont jamais montés sur un vélo avant la journée de formation. Ceux-là ne pourront pas participer au rang scolaire, ils devront d’abord s’entraîner pour bien maîtriser leur vélo. "Ce sera pour la prochaine fois !", relativise Camille Yemeniz. Ils ne sont pas laissés de côté pour autant : "souvent des parents se proposent pour les aider, ou quand les enfants moins habitués sont nombreux, on crée des petits sous groupes de différents niveaux pour que chacun y trouve son compte." Des écoles choisissent aussi de faire passer à tous leurs élèves le "brevet du cycliste". Passé par 11 000 élèves en Wallonie et à Bruxelles en 2017, il permet de s’assurer que les enfants aient les bons réflexes quand ils roulent en autonomie dans la circulation : comment franchir un rond-point, tourner à gauche… "Ça rassure tout le monde", résume la chargée de projet.

Participer au Vélo Bus n’est pas obligatoire pour autant. Si l’objectif final est d’amener tout le monde à prendre les pédales, un bus classique continue souvent à transporter les élèves qui ne voudraient pas participer, n’ont pas le niveau ou simplement pas de vélo.

Un pas de plus : le ramassage scolaire

Le mouvement prend de l’ampleur à Bruxelles mais encore plus en Wallonie où un système de ramassage scolaire à vélo a été mis en place dans de nombreuses communes et notamment à Perwez. Le projet existe depuis 2008. Huit trajets qui tiennent compte des domiciles des enfants participant et de leurs écoles ont été établis par la commune. Cette année, plus de septante élèves y ont recours.