En tisane, à vapoter ou à fumer, la vente de CBD est en essor ces derniers temps. En Belgique, la culture et la vente de cannabis contenant moins de 0,2% de THC est autorisée par une directive européenne. Mais ces pourcentages ne sont pas toujours respectés, assure Bianca Debaets (CD&V). "À Louvain, par exemple, il a été constaté lors de contrôles qu'un produit saisi sur cinq contenait une teneur trop élevée en THC. La composition précise de ces produits reste trop souvent trop vague. C'est un scénario que nous voulons éviter à Bruxelles."

Pour cela, la députée bruxelloise a présenté lundi au Parlement une proposition de résolution visant des règles claires pour les magasins de CBD qui souhaitent s'établir à proximité des écoles et des lieux de loisirs pour jeunes. Le texte a été cosigné par les membres du groupe N-VA Mathias Vanden Borre, Cieltje Van Achter et Gilles Verstraeten).

"Rien que sur le territoire de la Ville de Bruxelles, il y a cinq commerces CBD à proximité immédiate d’écoles, précise Mathias Vanden Borre. C'est la raison pour laquelle nous voulons obtenir avec cette résolution que ces magasins ne puissent s'établir à moins de 500 mètres de l'école la plus proche sur la base du règlement de police. On note qu'un jeune Bruxellois est déjà décédé après avoir utilisé une e-cigarette au CBD. La prudence est donc de mise, surtout compte tenu de la prolifération récente des boutiques CBD à Bruxelles."

"Nous reconnaissons que ces types de magasins sont légaux bien sûr, mais nous devons être conscients qu'ils fonctionnent souvent dans une sorte de zone grise et ils peuvent offrir aussi un accès facile vers des substances plus dangereuses, ajoute Bianca Debaets. Le gouvernement bruxellois est favorable à la mise en place de salles de consommation de drogues au centre de notre capitale, et les commerces CBD ont la voie libre à proximité des écoles. C'est incompréhensible. Le gouvernement ne devrait-il pas mieux protéger les jeunes au lieu de ‘leur donner la seringue’ ?"

Si la volonté d'élaborer un cadre clair pour la vente de CBD a été saluée par les autres partis, ces derniers ont remis en question la règle des 500 mètres, pour plusieurs raisons. "Dès lors que la commercialisation du CBD est autorisée, on ne perçoit pas comment on pourrait valablement et légitimement interdire à une personne d'ouvrir un magasin à moins de 500 mètres d'une école ou d'une maison de jeunes", estime Marc Loewenstein (Défi). La densité du réseau scolaire à Bruxelles, 712 établissements sur le territoire, précise Alexia Bertrand (MR), rendrait par ailleurs très difficile l'exploitation de tels magasins. Les partis ont en outre estimé que l'existence de magasins en ligne et de services de livraison affaiblit la mesure. Ils misent ainsi sur l'éducation et la sensibilisation à l'usage de drogues.