"Ce soir du 1er mai, j'ai doublement mal, à la tête et à la démocratie." C'est par ces mots que Vinciane, présente au bois de la Cambre lors de La Boum 2, livre son témoignage partagé plus d'une centaine de fois sur les réseaux sociaux. Elle déplore une intervention "disproportionnée" de la part de la police.

"J'ai été assister en tant qu'observateur aux événements du bois de la Cambre. Ce que j'y ai vu me dépasse émotionnellement. En arrivant vers 17h, un public familial avec des familles et des petits enfants assis par terre, des personnes âgées, des badauds, etc. qui regardent complètement ahuris les rangées de robocops qui se déploient lentement mais sûrement. Des jeunes qui coincent des fleurs sous les essuie-glaces des autopompes, encore à l'arrêt à ce moment-là. Dans cette atmosphère surréaliste, à 4, bien à l'écart, nous osons un petit apéro quand nous assistons, incrédules, à la première charge policière dans la plaine, sans aucune sommation ni demande de quitter le bois. Nous fuyons les premières grenades lacrymogènes notre verre à la main", décrit-elle.

"Et puis tout à coup les autopompes s'actionnent et broient sur leur passage les gens. La pelouse où les gens faisaient la fête devient un champ de bataille. Des gens tombent et des ambulanciers s'en occupent. Choquée, je respire des gaz lacrymogènes, on court pour éviter les jets d'eau et puis, j'aide un jeune en détresse qui est aveuglé par les gaz. Le bon sens dicterait de partir, mais tout cela est tellement choquant qu'il faut que je regarde ce qu'il se passe. On retourne voir et on se retrouve face à une nouvelle charge de robocops", poursuit-t-elle.

C'est à ce moment précis qu'elle dit s'être pris un coup de matraque sur la tête par un policier, par derrière. " N'ayant rien à se reprocher, dans le respect des règles sanitaires, on se dit qu'ils vont courir après les voyous, même si nous n'en voyons pas vraiment autour de nous. En fait non, ils tapent les gens statiques à côté de moi, y compris par terre. Nous finissons par partir et je me prends un coup de matraque sur la tête par un policier dans mon dos. Frapper des gens à terre ou de dos, la lâcheté dans toute sa splendeur... Je me retourne pour demander pourquoi on m'a frappé, mais cette rangée de robocop me signifie que la réponse est "parce qu'on peut le faire". Nous assisterons encore de longs instants à ce jeu du chat et de la souris, de gens qui essaient de braver les flics qui semblent avoir perdu tout sens commun et proportionnalité", poursuit-elle.

"Le recours au répressif est vraiment la seule solution ?"

"J'ai mal à ma démocratie ce soir, je n'ai vu aucun sens de la proportionnalité de la part de la police, j'ai vu des gens en béquille, des enfants, fuir les autopompes. J'entends le bourgmestre s'auto-congratuler de sa gestion, mais je n'ai vu qu'une dictature en marche réprimant les gens pour qu'ils ne s'expriment pas. Il aurait été tellement plus efficace d'encadrer l'événement pour limiter les soucis. Alors, avec de la glace sur le crâne, je me demande vraiment si le Covid mérite qu'on lui sacrifie ce qui fait notre société démocratique, si ce recours au répressif est vraiment la seule solution."