Bruxelles

Il y a eu, au total, 317 arrestations administratives, selon le rapport interne demandé par le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, à l'issue de la manifestation du 12 octobre dernier.

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS) a répondu en détails aux questions relatives aux violences policières survenues lors de la manifestation non-autorisée du dimanche 12 octobre dernier. Etaient en cause, ici, l'usage de spray au poivre, de la matraque, des lances à eau ou de l'attitude de policiers au commissariat du Marché au Charbon.

Philippe Close a ainsi révélé avoir ouvert quatre dossiers pour un contrôle interne. Deux manifestants ont porté plainte pour usage de spray CS (spray au poivre). A ce titre, "un dossier disciplinaire a été ouvert car les circonstances de l'usage du spray CS posent question", a commenté le bourgmestre socialiste. Un troisième dossier a été ouvert au sujet d'un témoignage sur les événements du commissariat du Marché au Charbon. Pour mémoire, des policiers auraient dégagé les gaz d'une moto sur les activistes. Un quatrième dossier émanant des témoignages de 33 personnes - anonymes - fera lui aussi l'objet d'une enquête interne. Le comité P a quant à lui été saisi de six plaintes.

Une activiste présente au conseil communal a par ailleurs contredit le bourgmestre au sujet du traitement réservé aux mineurs. "Ma fille a directement dit aux policiers qu'elle était mineure. Elle a été menottée et casée au sol pendant plus d'une heure. "Tu veux faire comme les adultes, tu seras traitée comme les adultes", lui a dit la police, a déclaré l'activiste au conseil communal. Philippe Close avait expliqué, un peu plus tôt, que sur les 317 arrestations administratives, il y avait cinq mineurs. "Dès leur identification, les mineurs ont été immédiatement relachés."

Le bourgmestre a par ailleurs rappelé que la police a très régulièrement demandé aux manifestants de quitter les lieux et de libérer les rails du tramway, tant via les haut-parleurs qu'en face-to-face aux petits groupes présents sur la place. Devant leur refus, le placement du bateau sur les rails et leur volonté affichée de rester sur la place Royale jusqu'au lendemain, la police a décidé d'agir à 17h40.

Sur la gestion de ce type de manifestation et la gestion négociée de l'espace public qu'elle impose, le bourgmestre bruxellois reconnaît que la police fait face à de nouveux nouveaux défis. "Nous avons des échanges avec des ville comme Londres, Paris, Amsterdam ou Berlin à ce sujet. A Londres, par exemple, ce type de manifestation est interdit", a-t-il assuré. "Je peux vous dire que nos policiers seront formés afin de mieux appréhender cette nouvelle forme de désobéissance civile."

"J'espère que, cette fois-ci, le suivi des plaintes et du comité P seront effectifs", a rétorqué Marie Nagy (Défi). Mathilde El Bakri, du PTB a elle aussi réagi : "J'ai l'impression que vous parlez de dangereux criminels. On est ici face à des manifestants qui parlent de l'urgence climatique. On est ici en présence de mineurs. (...) Vous noyez le poisson, tant M. le bourgmestre et M. l'échevin. Oui vous avez le droit de faire libérer les rails de tram mais non vous n'avez pas le droit de passer outre la loi et les règlements."