Comme lors du premier confinement, l’agence Bruxelles Prévention & Sécurité (BPS) s’est intéressée aux faits de violences intrafamiliales en période Covid. Les mesures sanitaires comme les restrictions de déplacements et la diminution des contacts sociaux ont un effet direct, notamment sur les faits de violences conjugales.

Premier paradoxe, les plaintes enregistrées par la police sont en baisse en période de confinement, alors que les violences n'ont jamais été aussi nombreuses. "Bien souvent, les victimes pensent que le commissariat n'est pas accessible, ou craignent de se déplacer en raison du risque sanitaire", indique le porte-parole de l'agence BPS. "Le mieux étant de se cacher dans la douche ou au fond du jardin pour passer un coup de fil."

Deux éléments viennent nuancer ce constat peu réjouissant. Premièrement, le rapport indique que lors des périodes où les mesures sanitaires sont plus souples, les victimes sont moins isolées et exposées : “l’ouverture des écoles, le maintien des activités en présentiel sont pour les mères, l’opportunité de sortir du domicile”. Deuxièmement, BPS explique que la conscientisation croissante de la problématique des violences intrafamiliales peut permettre aux victimes d’êtres plus enclines à déposer plainte ou à chercher une aide adéquate.

Selon les chiffres recueillis par l’agence, on observe en avril 2020, une diminution de 23 % des PV enregistrés par la police bruxelloise pour violences intrafamiliales par rapport à la moyenne d’avril 2018 et 2019. Les faits enregistrés repartent à la hausse durant l’été avant de connaître une nouvelle diminution avec le deuxième confinement à l’automne avec une diminution de14 % en novembre 2020 par rapport à la moyenne des mois de novembre 2018 et 2019.

Cette diminution n'est malheureusement pas à mettre en corrélation avec une baisse des violences intrafamiliales, puisque les appels reçus par les lignes Écoute Violences Conjugales et le 1712 néerlandophone ont triplé en avril 2020 par rapport à la période pré-confinement.

De plus, les demandes d’hébergement enregistrées par le centre de prévention des violences conjugales et familiales (CPVCF) ont également augmenté avec +253 % en avril 2020 par rapport à la moyenne des 4 mois précédant le confinement. Selon le rapport : “ces associations restent fortement sollicitées durant l’été et davantage encore en automne avec le nouveau durcissement des mesures.”