Bruxelles

Des courriers explosifs ont été envoyés, lundi, à l’ensemble des conseillers. 

Dans leur missive respective, la directrice générale opérationnelle du CPAS ainsi que la secrétaire adjointe dénoncent des dysfonctionnements importants et récurrents au sein de l’organisme et mettent fortement en cause la présidente du CPAS, Dominique Decoux (Écolo).

En résumé, les deux dirigeantes déplorent l’absence d’une vision stratégique dans le chef de la présidente et sa gestion malsaine et affective des ressources humaines. Ces dysfonctionnements auraient dernièrement été cristallisés par le projet de centralisation des services vers le Silver Building. Les deux dirigeantes disent avoir tenté de mettre en place une équipe et une méthode de travail pour assurer le bon déroulement de ce déménagement qui survient dans des délais très courts, sans obtenir de soutien.

La directrice et la secrétaire adjointe se plaignent aussi de ne pas avoir accès au conseil de l’action sociale. Selon elles, les informations transmises au conseil sont filtrées. "Bon nombre de propositions, d’analyses, d’avis, de notes, de mises en garde de l’administration ne parviennent pas jusqu’aux conseillers en raison d’un filtrage préalable, voire d’un interventionnisme direct de la présidente", fait savoir la secrétaire adjointe.

Les deux dirigeantes souhaiteraient être auditionnées. De son côté, la présidente du CPAS reconnaît que le top management traverse actuellement une grosse crise. "Celui-ci a été renouvelé dans son intégralité en quatre ans et de nouvelles fonctions ont été créées, ce qui peut expliquer que tout le monde ne trouve pas sa place. Nous devons encore faire un travail d’articulation entre nous. Un consultant externe nous aidera à redéfinir les rôles", précise Dominique Decoux.

Dans l’opposition , le chef de groupe PS, Yves Goldstein, rappelle que les socialistes dénoncent depuis longtemps la gestion catastrophique des ressources humaines au sein du CPAS et qu’il est temps pour la majorité d’ouvrir les yeux. Quant au chef de groupe MR, Georges Verzin, il estime que la question du maintien de la présidente se pose. "Le bourgmestre doit reprendre le leadership du CPAS et nommer un crisis manager", estime-t-il. Selon nos informations, il n’y a pas eu de désaveu prononcé vis-à-vis de la présidente lors de la réunion de majorité.

Pa. D.