Le 2 mars, la fondatrice de Yuma lancera un crowdfunding. Elle espère lever au moins 8 000 euros pour lancer son projet.

Grillons, criquet, ou encore molitors...La tendance des insectes dans nos assiettes tente de s'imposer timidement à Bruxelles. Elle va et vient, sans vraiment s'installer complètement dans nos habitudes. C'est le défi que veut relever Gabrielle en lançant Yuma, une marque bio de crackers salés faits à base de grillons. Ce mardi 3 mars, la jeune entrepreneuse lance officiellement sa campagne de crowdfunding afin de lever au moins 8 000 euros et implanter sa marque à Bruxelles et ailleurs en Belgique.

Depuis quatre ans, Gabrielle s'intéresse aux insectes comestibles. Alors qu'elle termine ses études de psychologie, la jeune Bruxelloise fait un stage chez Little Food, la plus grande ferme urbaine de grillons d'Europe, basée à Bruxelles. "Jai tout de suite compris l'intérêt et le potentiel nutritionnel de ces insectes", raconte-t-elle. "Comme je travaillais en cuisine, je mangeais des grillons à longueur de journée et j'ai été suivie par une nutritionniste qui a vu un réel impact sur mon corps."

Après cette expérience, Gabrielle crée la page "Papillafood" sur les réseaux sociaux et parcourt les festivals et les événements bruxellois pour convaincre et informer sur les valeurs nutritionnelles des insectes. À côté de ça, elle fait de nombreuses études dans des écoles afin de comprendre les comportements alimentaires des nouvelles générations. "J'ai réalisé que plus les gens sont âgés, plus ils sont dégoûtés par des nouvelles formes de nourriture. En plus, les jeunes générations sont nées dans un monde où on parle énormément des problèmes environnementaux. On réalise tous qu'on a intérêt à changer nos habitudes."

Aujourd'hui, Gabrielle a un objectif en tête : démocratiser la nourriture aux insectes grâce à des crackers d'abord, et toute sorte de recettes ensuite. "L'idée, c'est de pas uniquement vendre mes produits dans des magasins en vrac ou bio. Bien sûr, ils seront là aussi mais j'aimerais vraiment toucher un public aussi large que possible et donc être présente dans les supermarchés." À travers ce projet, elle espère convaincre le grand public des avantages de la nutrition aux insectes. "Pour obtenir la même quantité de protéines, le grillon va utiliser 2 000 fois moins d'eau et émettre 60 fois moins de gaz à effet de serre", explique-t-elle. Et en plus de l'aspect durable, la jeune psychologue insiste aussi sur les apports nutritionnels du grillon. "C'est un concentré de protéines, mais aussi de vitamines, de minéraux et de fibres."

Dès ce lundi, ses crackers artisanaux et composés de 5% de grillons, mais aussi de fleur de sel et graines de courge, tomate et graines de sésame ou encore au romarin et graines de lin seront disponibles en exclusivité via son crowdfunding.