Un échevin N-VA s’oppose à l’organisation du parcours d’artistes Artyshow sous prétexte que la communication a été effectuée en français.

Nouveau conflit communautaire en vue dans la commune de Zaventem ! En effet, l’association culturelle francophone communale a voulu, du 8 au 10 décembre, organiser un parcours d’artistes - sous le nom Artyshow - rassemblant des peintres, des musiciens et des modélistes, tant francophones, flamands qu’allochtones. Pour ce faire, le groupe politique Union des Francophones (UF) a sollicité la location d’une salle communale, De Factorij, ce que la bourgmestre Ingrid Holemans (Open VLD) a accepté.

"Il était convenu qu’aucun discours à caractère politique ne serait prononcé", explique d’emblée Xavier Jacque, président de l’association. Un toutes-boîtes a ensuite été distribué pour annoncer l’événement via le magazine d’information des Francophones de la Grande Périphérie.

Et c’est là que le bât blesse, car si la bourgmestre ne voit pas d’objection à l’organisation de cet événement, ce n’est pas le cas de son partenaire de coalition N-VA qui voit en ce parcours d’artistes une provocation de la part des francophones, à quelques mois seulement des élections communales. "Le règlement du centre culturel de Zaventem prévoit que la publicité pour des activités culturelles ne peut se faire qu’en néerlandais. Nous estimons donc que cet événement ne peut pas avoir lieu", explique Erik Rennen (N-VA), échevin des Questions flamandes.

Résultat : le Taal Aktie Komitee (TAK), le Voorpost et le Vlaamse Militanten Organisatie (VMO) - trois organisations indépendantistes flamandes - ont immédiatement été mis au courant de la situation. "Les membres de ces groupements font systématiquement tout pour mettre à mal les événements se déroulant en Flandre dans une autre langue que le néerlandais par le biais de manifestations souvent violentes ", explique Véronique Pilate (Défi), cheffe de groupe de l’UF.

"En conséquence, pour garantir la sécurité des exposants, des visiteurs et l’intégrité des œuvres, nous avons préféré annuler l’événement pour l’organiser plus tard et dans des lieux proches de la commune, où les libertés d’expression et de réunion sont garanties", ajoute Xavier Jacque.

Cette situation révolte Véronique Pilate qui met un point d’honneur à défendre les intérêts des francophones dans la commune flamande de Zaventem, qui englobe les localités de Nossegem, Woluwe-Saint-Étienne et Sterrebeek.

"La Constitution prévoit pourtant la liberté linguistique et les principes d’égalité et de non-discrimination, voire la liberté d’expression ! L’art n’est pas compatible avec la violence. Le groupe UF dénonce avec la plus grande détermination le non-respect de droits fondamentaux démocratiques à Zaventem", explique la cheffe de groupe de l’UF.

"Il y a actuellement toute une mécanique mise en place par la N-VA qui vise à réduire toujours plus les droits des francophones. L’échevin Rennen se sent pousser des ailes... Laissez-moi rire lorsque son parti dit qu’il ne fait plus de communautaire!", conclut-elle.