Binche: l'ancienne église des Récollets sera détruite!

La Ville justifie la décision pour une question de sécurité publique.

U.P.
Binche: l'ancienne église des Récollets sera détruite!
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"La mesure préconisée est la démolition complète de l'édifice."

Le rapport d'expertise commandité par la Ville de Binche à la suite de l'incendie ayant touché l'ancienne église des Récollets vendredi dernier est sans appel. Selon ce rapport, l'incendie qui a touché le cloître et ravagé la toiture de l'ex-édifice religieux a compromis la stabilité du bâtiment,

"présentant des dangers à court et moyens termes"

, indique le bourgmestre de Binche, qui insiste:

"il y a un risque pour la protection des personnes."

Et, selon le bourgmestre, ces risques ne feront qu'enfler au plus le temps passera et que les intempéries feront leur retour. "Aujourd'hui, il fait beau. Demain, il va pleuvoir, il va geler...A court ou moyen terme, l'édifice va subir des dommages très importants." Sans compter les milliers de litres d'eau qui se sont infiltrés lors de l'intervention des pompiers. Pour la Ville, il y a urgence: un arrêté de police du Bourgmestre a été pris dès lecture du rapport mposant au propriétaire de prendre les mesures permettant la restauration de la sécurité publique.

Le propriétaire, la SA Uni Façade, et son conseil ont été reçus ce mercredi matin dans le cadre de la remise. Mais il apparaît que le propriétaire n'a pas les capacités financières pour prendre les mesures demandées. Qui plus est, "l'édifice incendié ne bénéficie d'aucune police d'assurance", souligne le bourgmestre Laurent Devin. Dès lors c'est la Ville de Binche qui prendra à sa charge la démolition d'un bien qui ne lui appartient pas, pour un coût de "plusieurs centaines de milliers d'euros."

Les choses peuvent aller très vite: le propriétaire a 48 heures maximum pour réagir formellement. "Sur base du rapport de stabilité et à l'issue du retour formalisé par écrit du propriétaire, la Ville de Binche, prendra par arrêté une mesure de démolition de l'édifice en extrême urgence." Concrètement, d'ici 12 jours, une entreprise peut être chargée d'entamer la démolition des Récollets.

Des contraintes technico-financières trop lourdes

Une mesure qui fera à n'en pas douter hurler les amoureux du patrimoine et la Communauté Historia, qui avait dépêché une équipe samedi dernier et avait estimé que les dégâts à l'intérieur de l'édifice, dont le choeur a été classé en 1976, étaient limités. Mais selon le rapport d'expertise,"la conservation du chœur dans un contexte de sécurisation des lieux, ne peut être garantie, considérant les contraintes technico-financières nécessitées."

Tout ne sera pas perdu pour autant: le souhait de la Ville de Binche et de l'Agence Wallonne du Patrimoine est de sauvegarder au maximum les éléments patrimoniaux qui sont démontables ou transportables et qui pourraient être extraits du site en vue de conservation. Une proposition d'une fabrique d'église pour leur stockage au sein de la collégiale Saint-Ursmer a d'ailleurs été faite."Il sera proposé au Collège Communal de prendre en charge le retrait et le déplacement de ces éléments."

A noter que le cloître, connu pour être une ancienne maison de repos et avoir brièvement été un centre d'accueil de réfugiés, n'est pas concerné par l'arrêté de démolition. Ironie de l'histoire: l'origine de l'incendie proviendrait de ce bâtiment, appartenant à un autre propriétaire.

Pour rappel, l'église des Récollets a été désacralisée en 2012. Mise en vente par le clergé, elle a connu divers propriétaires qui n'ont jamais été en mesure d'y développer un projet. Et sauf retournement de situation, elle disparaîtra du paysage dans les prochaines semaines.

Quid du Tour de France?

La question est sur toutes les lèvres: quel impact cette situation aura-t-elle sur l'organisation du départ d'étape du Tour de France à Binche, le 7 juillet prochain? L'église des Récollets est à un endroit stratégiques, près du départ fictif d'étape.

"Le Tour n'intervient ici d'aucune manière", rétorque le bourgmestre. La priorité est bien ailleurs." A savoir assurer la sécurité des personnes. "Si les Récollets posaient un problème, il y aurait un plan B."


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