Meurtre de Jacques Hermail à La Louvière : des peines de 30, 25 et de 22 ans de réclusion criminelle réclamées

Le jury et la cour sont entrés en collège pour statuer sur les peines à infliger aux trois meurtriers. Le verdict sur la peine est attendu dans la journée.

Meurtre de Jacques Hermail à La Louvière : des peines de 30, 25 et de 22 ans de réclusion criminelle réclamées
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Le ministère public a requis, jeudi, des peines de réclusion criminelle contre Jymmi Durieux, Michaël Liégois et Gérard Dujardin, reconnus coupables, la veille, du meurtre de Jacques Hermail, commis le 1er février 2020 à La Louvière. Jacques Hermail a été brûlé vif dans son appartement, rue des Carrelages, après avoir été aspergé d'un pétrole lampant.

L'avocat général n'a remarqué aucun début d'amendement chez les trois hommes, qui avaient beaucoup bu au moment des faits. Il n'a retenu aucune circonstance atténuante chez les trois meurtriers.

Gérard Dujardin n'a aucun antécédent judiciaire, ce qui est généralement une circonstance atténuante. Toutefois, pour l'avocat général, respecter la loi "n'est pas un exploit". Une peine de 25 ans de réclusion est requise.

Michaël Liégeois a un antécédent judiciaire et un parcours de vie très perturbé, baigné dans l'alcool et les mauvaises fréquentations. L'avocat général ne retient aucune circonstance atténuante. Une peine de 30 ans de réclusion criminelle est demandée contre celui qui a bouté le feu.

Jymmi Durieux a un casier judiciaire bien fourni pour des vols et des faits de violence. Remis en liberté en cours de procédure, il a fait l'objet d'un autre mandat d'arrêt. Il est aussi impliqué dans une affaire de stupéfiants, dans laquelle un homme, qui l'hébergeait, est mort d'une overdose à la méthadone. L'affaire est encore à l'instruction. L'expertise en santé mentale ne plaide pas en sa faveur, "c'est une bombe à retardement. Il s'empresse de tout gâcher quand une main lui est tendue", a déclaré l'avocat général, qui a requis une peine minimum de 22 ans.

La défense a plaidé, le collège délibère

Les avocats de la défense ont également plaidé sur la peine, jeudi matin, devant la cour d'assises du Hainaut. Me Pol Descamps a répondu à l'avocat général, lequel a requis une peine minimum de 22 ans de réclusion criminelle contre Jymmi Durieux, qui était hébergé par la victime.

L'accusateur n'a retenu aucune circonstance atténuante en faveur de Jymmi Durieux, sauf peut-être le fait qu'il est le seul à être revenu sur la scène de crime pour porter secours à la victime. "Il a appelé l'ambulance, c'est un repentir actif, c'est une circonstance atténuante", estime Me Descamps qui a plaidé "une peine juste, sous le minimum requis".

L'avocat confirme que Jymmi Durieux a bien été interpellé chez une personne décédée par overdose. "Il sera seulement entendu, le 14 juillet, dans le cadre de cette affaire". Pour l'avocat, il ne faut pas charger la barque avec cet argument. Jymmi reste présumé innocent. L'enfance de Jymmi a été évoquée. "Il n'a eu aucun amour, aucune considération, aucune tendresse de ses parents". Son père a été incarcéré en Angleterre, sa mère exerçait le plus vieux métier du monde, selon l'avocat. "Il a essayé de sortir de ses assuétudes à l'alcool et à la drogue".

Me Marion de Nanteuil a plaidé pour Gérard Dujardin, contre lequel une peine de 25 ans de réclusion criminelle a été requise. Selon son avocate, Gérard est un homme seul, abandonné de ses propres enfants, en raison de sa marginalité au moment des faits. "Il ne représente pas un danger pour la société", plaide l'avocate bruxelloise. Celle-ci retient plusieurs circonstances atténuantes : l'absence d'antécédent judiciaire, sa collaboration à l'enquête, sa fragilité mentale, son parcours de vie accidenté et ses perspectives d'avenir assez sombres, son état de santé étant précaire.

Enfin, Me Quentin Dufrane a plaidé des circonstances atténuantes en faveur de Michaël Liégeois, contre lequel l'avocat général a requis la peine maximale, 30 ans de réclusion criminelle. L'avocat montois a qualifié l'enfance de son client de "misérable", baignant dans la violence. L'alcool a fait sombrer l'enfant, devenu un homme. Michaël Liégeois a été condamné, à une seule reprise, pour des faits de violence intrafamiliale. Il a bénéficié de la suspension du prononcé de la condamnation. Dans cette affaire plaidée aux assises, Michaël Liégeois est passé aux aveux dès sa troisième audition, rappelle Me Dufrane qui a donc plaidé trois circonstances atténuantes.

Le jury et la cour sont entrés en collège pour statuer sur les peines à infliger aux trois meurtriers. Le verdict sur la peine est attendu dans la journée.

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