Binche: plus de 500 signatures pour s'opposer à la démolition des Récollets

Une pétition a été lancée la semaine dernière.

U.P.
Binche: plus de 500 signatures pour s'opposer à la démolition des Récollets
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La destruction de l'ancienne église des Récollets à Binche suite à un incendie qui a ravagé la toiture de l'édifice est-elle inéluctable? C'est ce qu'annonçait la semaine dernière le bourgmestre de Binche Laurent Devin. "A la suite de l'incendie, la démolition de l'édifice doit être effectuée en raison de son instabilité et du risque de chute d'éléments. A la suite de l'incendie et de la démolition de la nef, la conservation du chœur dans un contexte de sécurisation des lieux, ne peut être garantie, considérant les contraintes technico-financières nécessitées. La mesure préconisée est la démolition complète de l'édifice", était-il spécifié à l'issue d'une conférence de presse.

Mais des voix dissonantes se sont élevées depuis pour empêcher cette démolition, comme celle de la Communauté Historia. L'asbl œuvrant pour la préservation du patrimoine avait pu visiter l'édifice après l'incendie et estimait que l'intérieur avait été relativement bien préservé. Elle maintient son jugement après avoir pu consulter le rapport d'expertise sur lequel la Ville s'est appuyée pour décider de la destruction des Récollets.

"Ce rapport confirme les constats réalisés par nos soins au lendemain de l'incendie. L'édifice a bien résisté au feu. La charpente s'est couchée sur les voûtes et ces dernières ont parfaitement joué leur rôle", explique l'asbl. Selon elle, le rapport indique que "le sinistre n'a pas touché les voûtes." Quant à la potentielle instabilité des façades latérales, "elle pourrait rapidement être compensée par la pose d'une nouvelle charpente et de nouveaux tirants. on peut lire également qu'aucune fissure n'est visible sur les façades et le pignon ne comporte aucune déformation."

Choix de la facilité

Pour la Communauté Historia, "A Binche, le choix de la facilité a été préféré" en optant pour la démolition. Le week-end dernier, la RTBF révélait que le rapport d'expertise ébauchait également une solution de conservation partielle pour le bâtiment, non exposée à la presse. Si la communauté Historia reconnait les difficultés auxquels est confrontée la Ville de Binche, celle-ci plaide "pour que les mesures urgentes soient prises pour les parties hautes de l'édifice. Nous invitons également les services administratifs concernés, en association avec l'IRPA, à prendre toutes les mesures que ces Administrations estimeront utiles pour sécuriser et protéger le mobilier présent au sein de l'édifice."

Une pétition a également été lancée jeudi dernier par des Binchois, "pour symboliser notre opposition à la démolition de ce bâtiment. Ce bâtiment est cher aux yeux des Binchois qui ont vu leurs familles s'y marier, s'y faire baptiser", lit-on dans le rapport d'expertise. A l'heure d'écrire ces lignes, 550 signatures y ont été enregistrées.

De quoi faire revenir le collège communal sur sa décision? Vendredi dernier, celui-ci confirmait son intention d'abattre l'édifice auprès de la ministre wallonne du Patrimoine Valérie De Bue, lui transmettant l'arrêté de démolition. La ministre a 14 jours pour formuler un avis. D'ici à ce qu'elle le rende, la Ville ne peut pas procéder à la démolition de l'édifice, classé depuis 1976.

Pour rendre son avis, la ministre se basera sur le rapport de la Ville et un second rapport: celui de la Commission Royale des Monuments, Sites et Fouilles qui a proposé ses services, indique Antenne Centre. La Ville voulait aller vite en besogne, mais ces procédures pourraient retarder ses plans.

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