Meurtre d'Isabelle Rectem à Chapelle-lez-Herlaimont : Le juge d'instruction et les policiers ont présenté l'enquête devant la cour

L'enquête n'était pas semée d'embûches puisqu'il y avait de nombreux témoins, un suspect interpellé sur place, et l'arme du crime retrouvée près d'un arbre.

Meurtre d'Isabelle Rectem à Chapelle-lez-Herlaimont : Le juge d'instruction et les policiers ont présenté l'enquête devant la cour
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Le juge d'instruction Grégoire Clausse et les policiers sont venus présenter leurs devoirs d'enquête, jeudi, devant la cour d'assises du Hainaut, dans le cadre du procès de Salvatore "Rino" Marasco, accusé d'avoir assassiné son ex-compagne, Isabelle Rectem, lors d'une fête des voisins à Chapelle-lez-Herlaimont, le 5 juillet 2019, et non le 7 comme il est indiqué erronément dans l'acte d'accusation. L'Italien est aussi accusé d'avoir blessé un conseiller communal, Alain Jacobeus, avec une balle perdue de son pistolet semi-automatique calibre 65, qu'il détenait sans autorisation.

L'enquête n'était pas semée d'embûches puisqu'il y avait de nombreux témoins, un suspect interpellé sur place, et l'arme du crime retrouvée près d'un arbre. Il est 22h26, le 5 juillet, quand le 112 est avisé qu'un drame vient de se produire à la fête des voisins, sous un chapiteau rue des Bleuets, à Chapelle-lez-Herlaimont. Quand la police arrive sur place, la situation est tendue et un homme est désigné comme étant le suspect des coups de feu. Il s'agit de Salvatore Marasco, lequel est maintenu par plusieurs hommes. Il est emmené au poste de police.

Le corps d'Isabelle Rectem gît sur le sol. Elle est prise en charge par les secours, dès 22h35, mais décède rapidement. Un homme est blessé au niveau de l'épaule, il s'agit d'Alain Jacobeus, conseiller communal, touché par une balle perdue. Il déclare à la police que Rino s'est dirigé vers Isabelle, vers 22h30, qu'il l'a secouée, repoussée et frappée avec son poing dans le dos et la tête. Comme d'autres témoins, il a entendu deux détonations.

L'arme du crime est retrouvée près d'un arbre et des mesures sont prises pour ne pas effacer les traces et indices. Il reste trois munitions dans le chargeur. Trois douilles et un projectile sont retrouvés par les policiers, ainsi qu'un gilet et un sac-à-main appartenant à la victime, touchée à la tête par deux tirs. Le troisième a été tiré en l'air, alors que l'accusé était maîtrisé par plusieurs hommes.

De nombreuses auditions sont menées sur place par les policiers. Selon certains témoins, Isabelle était très nerveuse en la présence de Rino Marasco. Isabelle aurait manifesté des craintes pour sa vie, car elle avait déjà été menacée de mort. Les policiers apprennent que Rino Marasco n'a pas digéré leur séparation et qu'il harcèle celle qui a partagé sa vie durant dix-sept ans. Plusieurs plaintes ont été déposées par Isabelle.

Quant à Rino Marasco, il se plaint auprès de plusieurs témoins qu'Isabelle ne veuille pas lui rendre son argent et qu'elle l'a trompé avec un échevin. Il a aussi raconté à d'autres témoins qu'il avait acheté une arme et qu'il prenait l'habitude de vivre dans le noir, afin de s'habituer à la prison. Rino Marasco a donc une arme et un mobile: se venger d'Isabelle Rectem à qui il reproche d'avoir beaucoup changé depuis 2017, ce qui a provoqué leur séparation. Le jour des faits, Rino Marasco a exhibé une munition face à la fille d'Isabelle, précisant qu'elle lui était destinée.

Le parquet est avisé des faits à 23h15 et le juge d'instruction est désigné. La police scientifique arrive à 0h25, vingt minutes avant l'arrivée du magistrat instructeur.

Le 6 juillet, le principal suspect du crime avait déjà été entendu par la police judiciaire. "Il nous a expliqué qu'Isabelle l'avait nargué avec des gestes. Excédé, il s'est rendu derrière elle pour s'expliquer, et il a sorti l'arme de son pantalon pour la faire avancer. Il nous a dit que les deux tirs accidentels étaient partis sous pression de la foule", raconte le chef d'enquête. Quant à l'arme, il dit l'avoir achetée dans le café de son fils, contre la somme de 600 euros. Le vendeur n'a pas pu être identifié.

Le 7 juillet, Rino Marasco est auditionné par le juge d'instruction. Il évoque la rupture, un litige financier avec Isabelle, laquelle ne lui a pas rendu l'argent qu'il avait placé sur son compte afin d'échapper à ses créanciers. "Il m'explique que son intention n'était pas de tuer madame, mais de la menacer. Il a dit qu'un mouvement de foule l'a obligé à lever l'arme et que les deux coups de feu sont partis accidentellement", déclare le juge d'instruction, lequel a inculpé le suspect d'assassinat, retenant donc le caractère volontaire des coups de feu et la préméditation.

Le 16 juillet, Rino Marasco change de version et déclare que le deuxième coup de feu, fatal, porté au niveau de la tempe, était bien volontaire et non plus accidentel. L'enquête se poursuit et les enquêteurs analysent les GSM et ordinateurs du couple séparé. Les messages échangés sont accablants pour l'accusé, lequel les a minimisés lors de l'instruction d'audience. Les comptes bancaires ont été exploités et les policiers ont découvert qu'Isabelle avait versé un peu plus de 27.000 euros sur le compte de Rino Marasco.

L'arme du crime, objet de nombreuses questions

L'exposé des enquêteurs a fait l'objet de questions de la part des parties au procès de Salvatore "Rino" Marasco, accusé d'assassinat, mais aussi d'avoir blessé un conseiller communal, Alain Jacobeus, avec une balle perdue provenant de son pistolet semi-automatique calibre 65, qu'il détenait sans autorisation. Cette arme, achetée dans un café à un inconnu, a fait l'objet de questions de la part des parties au procès.

La question principale est de savoir pourquoi Rino Marasco s'est rendu, armé, à une fête populaire telle que la fête des voisins. L'accusé prétend qu'il voulait se protéger, car il aurait été menacé par un cousin d'Isabelle Rectem. "J'ai été menacé, il m'a montré les balles au café", déclare l'accusé.

Me Bouchat, pour les parties civiles, constate que, dans le dossier, l'accusé explique qu'il s'est muni d'une arme "pour ne plus être humilié par Isabelle et son oncle, comme ce fut le cas une semaine plus tôt". L'avocat constate que l'accusé, lors de ses auditions, n'a jamais parlé des menaces du cousin d'Isabelle, avant sa déclaration du 16 juillet 2020, soit un an après les faits. Me Mayence, avocat de la défense, précise que le caractère volontaire des coups de feu ne sera pas contesté.

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