Sentiment d'insécurité vs insécurité réelle à La Louvière, la nuance existe bel et bien

Les événements tragiques de ces derniers mois ont provoqué un sentiment d'insécurité au sein de la population. Un sentiment exacerbé par les réseaux sociaux. Mais qui dit sentiment d'insécurité ne veut pas forcément dire insécurité. C'est ce qu'a voulu prouver la Ville ce mardi lors du conseil communal.

Thomas Donfut
Sentiment d'insécurité vs insécurité réelle à La Louvière, la nuance existe bel et bien
©AVPRESS

Début août dernier, un dramatique incident avait ravivé le sentiment d'insécurité qui régnait dans le centre-ville louviérois. Suite à l'agression mortelle subie par Giorgio Scarna, la Ville avait même senti le besoin de justifier, chiffres à l'appui, le fait que ce sentiment d'insécurité ressenti était erroné. "On a connu plusieurs faits graves sur notre territoire ces derniers mois qui ont provoqué beaucoup d'inquiétude de la part de nos concitoyens", s'est exprimé en séance Jacques Gobert. "Une inquiétude légitime selon moi qui a induit un certain sentiment de peur d'insécurité. Je partage évidemment ce sentiment et je ne peux que constater que les faits de violence sont en augmentation dans toutes les grandes villes de Wallonie et d'ailleurs. Un phénomène amplifié par les réseaux sociaux qui donnent une mauvaise image de notre centre-ville en exagérant les choses. cela participe à un climat anxiogène qui est préjudiciable à l'ensemble des Louviérois."

Ce mardi lors du conseil communal, ces mêmes chiffres ont été présentés aux élus par Eddy Maillet, chef de la zone de police de La Louvière et ce, à la demande du conseiller MR-IC Olivier Destrebecq. "On peut faire dire n'importe quoi aux chiffres mais ceux qui ont été présentés démontrent de manière objective que la zone de La Louvière par rapport à d'autres zones au profil similaire au niveau de la taille, n'est pas plus sujette à des faits de violence", indique le commissaire Maillet. "Il faut savoir que tous les faits rapportés dans ces statistiques proviennent uniquement d'interventions d'un de nos agents. Il est évident que des faits de stupéfiants, par exemple, surviennent quotidiennement mais aucun dealer ne se présente spontanément au commissariat pour dénoncer ses actes. Mais si la violence augmente de manière générale, c'est un fait de société, ce n'est pas dû à l'inactivité des policiers dont l'effectif n'est pas si facile à recruter malgré le fait que le cadre ne soit pas complet à La Louvière."

Pour Xavier Papier du groupe Plus-cdH, la sécurité et le sentiment d'insécurité ne sont pas deux notions à mettre en concurrence : "Mais répondre à l'expression de nos concitoyens en les mettant face à des chiffres et en disant « Mais non, tout va bien, vous avez tort » c'est la meilleure façon de creuser le fossé entre eux et le monde politique. En plus, je vous dirais que les chiffres peuvent révéler beaucoup et cacher l'essentiel. Je vais vous donner deux exemples à l'extrême. Prenons une Ville qui déciderait de mettre les bouchées doubles face aux incivilités, face aux tapages nocturnes, face à la drogue, face aux incivilités. Elle aurait des statistiques de constats d'infraction élevées. Par contre, une autre Ville, qui réduirait les moyens offerts à sa police, une ville où on ferme les yeux sur les infractions, aurait des statistiques de constat faible. Laquelle est pourtant la plus sécurisée ou sécurisante ?"

Olivier Destrebecq (MR-IC), regrette quant à lui le manque de proximité de la part des policiers : "Personnellement je ne connais même pas mon agent de quartier et pourtant, il y a du travail. Ce qu'il faudrait c'est plus de policiers à vélo ou à pied, des agents qui pourraient avoir des contacts au quotidien avec le citoyen. Les chiffres présentés montrent effectivement que la police effectue un travail conséquent mais le sentiment d'insécurité ressenti doive la pousser à se remettre en question. Il est compliqué et délicat de se comparer à d'autres zones de police qui utilisent peut-être d'autres méthodes de travail."

Et au conseiller communal PS Michel Di Mattia de conclure en interpellant le chef de corps en utilisant une métaphore sportive pour évoquer le manque d'effectif policier. "Le chef de zone, c'est comme l'entraîneur d'une équipe. En fonction de l'équipe adverse ou des circonstances, il faut adapter sa stratégie et donc pour que les résultats soient bons en fin de saison, il faut que l'équipe sélectionnée soit bonne."

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