Jurbise : un prédateur sexuel a piégé six adolescentes sur le réseau social Snapchat

L’homme se faisait passer pour un photographe amateur de 18 ans sauf qu’il en avait 10 de plus…

Margaux Piron
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©Shutterstock

Le 13 juin 2020, la maman de Fanny (prénom d’emprunt) s’est rendue auprès des services de police afin de porter plainte à l’encontre d’un prédateur sexuel qui sévissait dans la région. C’est via le célèbre réseau social Snapchat que Lucien (prénom d’emprunt) a pris contact avec l’adolescente alors âgée de 15 ans sous un faux profil. Il se fait passer pour un photographe amateur de 18 ans sauf qu’il en avait 10 de plus. Des échanges bateau et courtois ont débuté entre les deux individus avant de prendre une tout autre tournure.

Rapidement, Lucien a interrogé Fanny sur sa vie sexuelle et a sollicité des photos dénudées. Faisant une confiance aveugle à cet homme, la jeune adolescente s’est exécutée. De fil en aiguille, le prédateur a proposé un premier rendez-vous à bord de sa voiture où il lui a ordonné une fellation. Se sentant prise au piège et malgré avoir refusé à plusieurs reprises, Fanny a réalisé l’acte sexuel. La troisième fois, Lucien a cette fois procédé au chantage en menaçant la jeune de 15 ans : si elle ne venait pas au rendez-vous, il diffuserait les photos dénudées.

Sous la panique, Fanny a malgré tout accepté en se rendant dans une chambre d’hôtel située à Jurbise. À son insu, le prédateur avait posé une caméra pour filmer leur acte sexuel. “Tout ce que je voulais c’était retourner chez moi et que le cauchemar s’arrête”, avait indiqué Fanny lors de son audition qui, doit encore aujourd’hui faire face à des crises d’angoisse ou des troubles alimentaires. Au point, de consulter des sites internet sur la façon de se suicider.

Lucien a détruit la vie de cinq autres mineures en ayant le même modus operandi. Alors âgée de 13 ans, Fiona (prénom d’emprunt) est la deuxième victime du prédateur. Il lui a notamment proposé des actes sexuels contre rémunération. Sans oublier les fellations à bord de son véhicule, un ébat filmé à son domicile, également à l’insu de l’adolescente ainsi que les menaces. “Je pensais qu’elle avait 17 ans, j’ai pris connaissance de son âge par après”, a précisé Lucien.

Selon les experts et même son avocat, le prédateur semble avoir un comportement extrêmement immature. Entendu à quatre reprises par les services de police, Lucien s’est positionné comme la victime de toute cette histoire et a remis en question le travail de la justice. Devant le juge d’instruction, le trentenaire a évoqué des propos quelque peu affolants et qui font froid dans le dos. “Ne prenez pas du pop-corn en regardant mes vidéos”.

Immaturité et distorsion cognitive

Ne voyez rien d’autre que de l’immaturité et de la distorsion cognitive”, a indiqué le conseil de Lucien. Des déclarations qui semblent faibles du côté de la partie civile. Durant l’audience à la barre du tribunal correctionnel de Mons, le prévenu a même bousillé la plaidoirie de son avocat en déclarant avoir agressé aucune jeune fille. “C’est ignoble et effarant”, s’est exclamé le juge. “Vous êtes au bord du trou que vous continuez à creuser”. Le prévenu risque une peine ferme de 10 ans de prison. Jugement le 30 janvier.

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