Plusieurs refuges avaient pris en charge les animaux maltraités.

C’est une petite victoire pour les défenseurs des animaux. Ce mercredi, le tribunal correctionnel de Charleroi s’est prononcé dans une affaire de maltraitance animale, survenue à Piéton en juillet 2018. Une trentaine de moutons, deux boucs et une cinquantaine d’animaux de basse-cour confinés dans des cages à cobayes avaient été saisis d’urgence suite à la plainte d’une riveraine.

Le propriétaire vient finalement d’être condamné à 6000 euros d’amende et à 24 000 euros d’indemnités envers les refuges appelés à la rescousse, à savoir Animaux en Péril, le Rêve d’Aby, Equi’Chance et Animal sans Toi…T, qui se sont déclarés "satisfaits que la justice de Charleroi ait traité l’affaire avec sérieux compte tenu des faits ignobles dont Mouloud Bouzekri a été l’auteur."

Selon les refuges, l’accusé n’a eu de cesse de minimiser les faits. Accusé d’être en vacances durant la période infractionnelle sans avoir veillé à prendre soin de ses animaux, le propriétaire affirmait n’être parti de son domicile que quelques jours et rejetait la faute sur sa voisine. "Au cours du procès, notre avocat a insisté sur le manque évident de soins dont étaient victimes les animaux et ce depuis un certain temps au regard de leur état physique et des cadavres découverts chez l’auteur", explique Animaux en péril.

Les animaux saisis étaient livrés à eux-mêmes, affamés et contraints de survivre au milieu d’une vingtaine de cadavres et de dépouilles en décomposition. L’association Animaux en péril avait accueilli une grande partie des animaux saisis et s’était constituée partie civile dans ce dossier. Les rescapés de Piéton avaient été placés plusieurs semaines en quarantaine afin de recevoir des soins importants de la part des professionnels des différents refuges.

Cachectiques et déshydratés, les moutons devaient en plus lutter contre les nombreux parasites qui les rongeaient. Certains n’avaient pas survécu, leur état fragile étant trop avancé. Détenus sur un terrain privé, les animaux avaient attiré l’attention d’une riveraine, qui avait donné l’alerte en informant la SPA de La Louvière. Aux alentours de 22 heures le 20 juillet 2018, les responsables des refuges Animaux en Péril et Rêve d’Aby avaient été sollicités par la zone de police de Mariemont.

La peine est donc sévère mais justifiée. La voisine de Mouloud Bouzekri a quant à elle bénéficié d’une suspension du prononcé.