Le retour à la nature et le zéro déchet ont le vent en poupe, et c’est tant mieux. Si de nombreux foyers ont intégré de bonnes pratiques dans leur quotidien, il n’en est pas toujours de même au moment de prendre soin de sa propre personne, singulièrement en matière de cheveux. En effet, nombreuses et nombreux sont encore celles et ceux qui utilisent des produits chimiques pour entretenir leur chevelure.

C’est avec ce constat que le salon estinnois Art Styligne Coiffure souhaite rompre. Déjà partenaire de Think-Pink, il fait la part belle aux produits de grande qualité, issus de l’agriculture biologique. "Je n’ai jamais eu l’envie de travailler avec les multinationales toutes puissantes, qui utilisent des produits chimiques nocifs, dangereux pour la santé", explique Fabienne Degueildre, gérante. "Je me suis donc tournée vers l’aromathérapie et un petit laboratoire dédié aux professionnels uniquement."

Allergique à certaines produits, la coiffeuse a poussé la réflexion plus loin. "Trouver des alternatives n’est pas toujours simple, il faut pouvoir proposer shampoings, des soins, des colorations, des permanentes,… Je travaille désormais avec une firme belge, Hairborist, ce qui me permet d’utiliser des produits naturels tout en diminuant drastiquement ma quantité de déchets. Tous mes produits sont biodégradables : ce qui passe dans mes éviers ne contribuent pas à la pollution de nos eaux."

Preuve que le concept est innovant, les cheveux eux-mêmes trouvent une seconde vie une fois coupés puisqu’ils sont collectés et recyclés. "J’ai adhéré à l’association française Coiffeurs Justes, fondée par Thierry Gras. C’est payant (25 euros par an, NdlR) mais cela correspond tout à fait à mes valeurs, à la philosophie que je me fais du métier. Je dispose d’un conteneur près d’un salon, dans lequel je collecte les cheveux coupés. Sous enveloppe, ils sont ensuite envoyés pour être recyclés."

Les cheveux récoltés sont alors transformés en boudins à cheveux, installés dans des eaux polluées afin d’en absorber les hydrocarbures. Ils sont également utilisés dans l’agriculture puisqu’une fois mélangés au compost, ils constituent un bon engrais. Enfin, ils constituent également de bons isolants phoniques et thermiques et peuvent être valorisés dans le milieu de la construction. Bref, le cheveu s’impose comme une nouvelle ressource écologique.

"Il faudrait davantage de coiffeurs sensibilisés à la nécessité de bannir des salons les produits toxiques. Ce n’est qu’en étant plus nombreux que l’on pourra tenter de faire bouger les choses au niveau de l’Union européenne. Les multinationales pèsent de tout leur poids et ont aujourd’hui le feu vert pour nous empoisonner avec leurs produits nocifs. Il est temps que cela cesse." Une démarche saluée par la clientèle du salon estinnois qui ne désemplit pas.

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