Centre Les abandons ont désormais lieu tout au long de l’année.

Alors que dans de nombreux foyers l’heure était aux réjouissances, la réalité est tout autre dans les refuges pour animaux de la région. Pour eux, cette nouvelle année ne sera qu’une année de plus à prendre soin des compagnons à quatre pattes perdus ou abandonnés par des maîtres qui n’ont, malgré les avertissements, pas toujours conscience de ce qu’implique une adoption.

Pour tous, l’année 2018 s’achève sur un triste constat : les cages sont remplies, les familles d’accueil saturées. Il faut pousser les murs pour donner une seconde chance aux malheureux. "Nous sommes complets toute l’année, il n’y a plus de période pour abandonner son animal ! Les adoptions ne permettent pas nécessairement de compenser les entrées ", commente Michel Caille, de l’Étoile de bonté.

Dans ce dernier refuge, ce sont 536 animaux qui ont été trouvés et 235 qui ont été volontairement abandonnés. Et seules 460 adoptions ont été enregistrées. Du côté de L’Arche de Noé, ce sont 350 chats et chiens qui ont été trouvés, abandonnés ou saisis pour 316 adoptions. "À quelques unités près, les chiffres sont les mêmes qu’en 2017 en termes d’animaux pris en charge, mais nous avons eu moins d’adoptions", précise Stella Macris, la présidente.

Et pour cause . "Nous nous sommes montrés plus intransigeants parce qu’aujourd’hui encore les gens n’ont pas conscience de ce qu’implique le fait d’avoir un animal. C’est désespérant de constater que beaucoup achètent ou adoptent comme ils achèteraient une paire de chaussures ! Ces animaux, nous les retrouvons quelques mois plus tard chez nous !" La présidente de l’ASBL s’attend d’ailleurs à accueillir de nombreux chats et chiens "cadeaux de Noël" à partir d’avril.

Malheureusement, ces constats sont partagés par les Amis des animaux ou la SPA de La Louvière. "Certains abandonnent leurs animaux ‘dans les règles’ parce qu’ils n’ont tout simplement pas d’autres choix. Mais beaucoup les considèrent encore comme des biens de consommation et ne cherchent même pas à se trouver d’excuses pour les abandonner" , déplore Gaëtan Sgualdino, le président de la SPA louviéroise.

Le message sera encore maintes fois répété en 2019… avec l’espoir qu’enfin il soit entendu : un animal n’est pas un jouet !