Une conférence de presse pour le carnaval de Binche en plein mois de septembre, c'est plutôt inhabituel. Les médias étaient pourtant conviés ce jeudi après-midi dans la Cité du Gille. L'occasion pour le bourgmestre Laurent Devin de couper court à la rumeur qui grondait dans la ville.

"Pour l'heure, il n'est pas question d'annuler le carnaval", a insisté le mayeur. "Certes, Binche n'est pas une île coupée du reste du monde et la pandémie sévit toujours. Nous analysons son évolution quotidiennement à tous les niveaux. Mais lors du dernier Conseil national de Sécurité, Sophie Wilmès a indiqué avoir chargé les experts de plancher sur des protocoles qui nous permettront de vivre avec le virus, dans nos familles, au travail et pour les loisirs. Nous espérons pouvoir y trouver une ouverture pour l'organisation du carnaval."

Le Mardi Gras tombe le 16 février cette année. Les chances que la Belgique soit débarrassée du coronavirus d'ici là sont excessivement minces. Mais l'idée serait de pouvoir organiser le carnaval différemment. "En 1960 par exemple, il y avait de grandes grèves. Cette année-là, il n'y a pas eu de soumonces. Et le carnaval n'a été fêté que les Dimanche et Mardi Gras", rapporte Daniel Pourbaix, président par intérim de l'Association de Défense du Folklore. "L'Histoire nous montre donc qu'il est possible d'organiser le carnaval différemment."

Comment? C'est toute la question. "Nous allons lancer un travail de concertation avec les sociétés de folklore, les louageurs ou encore les chefs de batterie et de musique", poursuit Laurent Devin. "Le but est de pouvoir établir un protocole qui nous permettrait de célébrer le carnaval tout en tenant compte des mesures sanitaires. La santé reste prioritaire évidemment, et Binche restera un bon élève dans la gestion de cette crise. Mais nous verrons s'il est possible de travailler autrement, comme nous avons dû l'apprendre dans d'autres domaines. Et nous partagerons cette réflexion avec les bourgmestres du Centre où des carnavals doivent également se tenir."

Tout dépendra évidemment de l'évolution de la pandémie et des consignes. "J'ai beau m'appeler Laurent Devin, je ne peux pas prédire l'avenir. S'il y a un rebond ou si les rassemblements de plus de 1.000 personnes sont interdits, nous n'organiserons pas le carnaval évidemment", prévient le mayeur. "Nous nous laissons jusqu'à la fin de l'année pour prendre une décision, car ça ne peut pas se décider à la dernière minute. Il y a tout l'aspect sécurité à préparer. Par ailleurs, je ne voudrais pas que des familles engagent inutilement des frais."

Les quatre prochains mois seront donc décisifs. Nul doute que durant cette période, les Binchois feront travailler toute leur créativité pour développer des scénarios qui permettront d'organiser cette fête qui mobilise chaque année plus de 1.000 familles dans la Cité du Gille. Reste à espérer que le contexte sanitaire sera clément. Cette année, ceux qui déposeront un cierge à Saint-Ursmer ne devront pas seulement prier pour le beau temps.