Antoine Hermant est désormais député wallon pour le PTB.

D’abord unique représentant du PTB au conseil communal de La Louvière, Antoine Hermant peut désormais compter sur une équipe élargie. Sous cette mandature, ils sont sept à siéger et à défendre une politique différente.

Comment expliquez-vous le succès du PTB ces dernières années ?

"Je pense qu’il y a un réel mécontentement de la population par rapport aux politiques traditionnelles. Ma génération entend depuis toujours qu’il faut faire des économies, qu’il faut taxer plus, payer plus d’impôts, travailler plus pour une pension moindre… Nous en avons assez, et la population aussi. Année après année, des mesures d’économies ont été prises sans qu’aucune force politique ne dise stop, ne juge cela anormal. Le PTB a construit une réelle confiance avec les citoyens et propose autre chose. Cela commence par s’intéresser aux gens et à leurs problèmes. Le travail de terrain vaut plus que les beaux discours et les grandes idées."

À plusieurs niveaux de pouvoir, et notamment à La Louvière, vous auriez pu participer à la majorité…

"Certains électeurs n’ont probablement pas compris ce choix, dans l’immédiat. Mais je pense qu’avec les mois qui passent, la situation devient plus claire. Le PTB et le PS ont été mis dos à dos mais en réalité, les discussions étaient difficiles. Lorsque l’on demandait quelle vision, quelle politique le parti souhaitait mener, les réponses étaient soit floues, soit décevantes car il n’y avait pas de volonté de changement, de rupture avec la politique actuelle. Nos partenaires n’étaient pas sincères et si nous étions montés dans la majorité à La Louvière, nous n’aurions été que la cinquième roue du carrosse. Il n’y avait pas de volonté de siéger à nos côtés. Cela n’aurait été qu’une façon de nous faire taire pendant six ans."

Les mesures proposées par le PTB, à La Louvière comme ailleurs, sont-elles finançables ? C’est un reproche que l’on entend souvent à votre égard de la part des partis traditionnels.

"Oui, elles le sont. Il n’y a jamais eu autant d’argent dans le pays que depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, on s’en prend au pouvoir d’achat, on continue à aller chercher dans la poche du citoyen. Les partis traditionnels restent dans les cadres imposés par d’autres niveaux de pouvoir. Leur logique, tous niveaux de pouvoir confondus, c’est de se dire que si l’on va chercher l’argent dans les entreprises, elles quitteront le territoire. Il n’y a pas de volonté politique d’aller chercher l’argent là où il se trouve. Donc ce sont les citoyens qui trinquent. On le voit à La Louvière : la population est toujours un peu plus pressée comme un citron."

Vous êtes désormais député wallon. Comment envisagez-vous ce nouveau mandat ?

"Je suis déjà intervenu sur la nécessité de refinancer les communes, de trouver un mécanisme de solidarité plus grand pour que les communes ne soient plus à ce point étranglées financièrement. Comme je le fais déjà au conseil communal, je relaterai au gouvernement les problèmes des gens. Je ne fais pas de politique pour modifier une virgule, je fais de la politique pour conscientiser la population, lui expliquer ce qu’il se passe et lui montrer que oui, les choses pourraient être différentes. Nous voulons une société qui répond aux besoins des citoyens, aux challenges économiques et sociaux de demain. Nous ne voulons plus d’une société capitaliste qui appauvrit le travailleur, qui n’aide pas celui dans le besoin."

Vous avez aussi obtenu la présidence de la commission énergie, climat et mobilité. Des thèmes qui vous sont chers ?

"J’en suis effectivement très heureux. L’enjeu climatique est bien réel, tout comme les conséquences qui en découlent. Il faut un changement radical et placer l’écologie au cœur des débats. En matière de mobilité, nous plaidons depuis longtemps pour la gratuité des transports publics et nous continuerons sur cette lancée. Ces dernières années, le coût de l’énergie et des transports a explosé. Il est, là aussi, temps de pousser la réflexion plus loin. Ce sont des débats qui pourront être lancés en commission et qui, à titre personnel, m’intéressent énormément."

Un salaire reversé au PTB

LA LOUVIÈRE Les rémunérations des élus sont régulièrement la cible de critiques. Et au PTB, c’est quelque chose que l’on comprend. Antoine Hermant, en tant que député, pourrait prétendre à un confortable salaire. Mais il a décidé de continuer à vivre avec son salaire de travailleur "lambda". "Pour être clair, je perçois bien mon salaire de député. Mais je verse la différence dans la caisse de lutte du PTB , explique le Louviérois. Je trouve important de continuer à vivre comme les gens autour de moi. Si ce n’était pas le cas, je perdrais probablement la notion de certaines choses. Lorsque je vois ce qui tombe sur mon compte en banque chaque mois, je n’en reviens pas, c’est presque indécent ! Le politique est totalement déconnecté de la réalité. Lorsque je vois qu’à La Louvière, une série de taxes et l’IPP augmentent, je suis en colère. Car j’ai conscience de l’impact que ces augmentations peuvent avoir. Je sais ce que cela signifie, de payer 10 euros de plus par mois."