Les enseignants en ont marre de leur situation actuelle et l’ont fait savoir ce jeudi matin à l’Athénée Royal de Binche où un arrêt de travail d’une heure a eu lieu. Les différents membres du personnel ont tenu à montrer leur incompréhension face aux nouvelles mesures gouvernementales. Ils tiennent également à rappeler que leurs conditions de travail ne sont pas décentes et réclament un accès prioritaire au vaccin.

Les changements de mesures à répétition engendrent également des problèmes d'organisation pour la direction. "Deux tonnelles ont été installées pour pallier la fermeture de la salle des profs et du réfectoire", explique Céline Degueldre, professeure de latin et déléguée CGSP. "Ces aménagements ont été réalisés dans l’urgence et grâce à des fonds propres. Moins d’une semaine après, le gouvernement annonce la fermeture des écoles. La direction passe ses nuits à trouver des solutions pour qu'au final, de nouvelles directives changent complètement la donne."

© Ducobu

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En plus d’être régulièrement changées, les directives sont d’une aberration totale selon les enseignants. "Les élèves de secondaire et de fin de primaire portent tous le masque et ont cours dans des locaux régulièrement désinfectés", poursuit Céline Degueldre. "Finalement, le gouvernement décide de fermer les écoles primaires et secondaires pour uniquement garder les classes de maternelle. Pourquoi ne pas les fermer également ? D'autant plus que ce sont ces classes qui présentent le plus de risques puisqu’elles sont soumises à moins de mesures ? On ne comprend pas cette décision."

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Les enseignants se sentent incompris par le gouvernement et réclament des conditions de travail plus décentes ainsi qu’un accès prioritaire au vaccin. "Porter le masque amuse les enfants au début mais ils se rendent vite compte que c’est assez contraignant pour eux", souligne Céline Degueldre. "Beaucoup se renferment sur eux et ne s’ouvrent plus aux autres. On remarque vraiment une baisse de motivation et une dégradation de leur bien-être. Nos conditions de travail ne sont guère meilleures. Nous devrions faire partie des personnes prioritaires à la vaccination afin que les conditions de travail s’améliorent tant pour nos élèves que pour nous."

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Les professeurs ont bénéficié de tout le soutien de leurs élèves. Ça n’a malheureusement pas été le cas de tous les parents. Bien que la plupart se montraient compréhensifs, une minorité a souhaité rappeler qu’ils n’étaient pas les seuls à souffrir de la crise sanitaire. L’un d’entre eux n'hésitant pas à prétexter "que les professeurs cherchaient toutes les excuses possibles pour faire grève et ne pas travailler."

Les cours ont repris normalement aux alentours de 9h. Ils seront de nouveau arrêtés à partir de la semaine prochaine pour une période, cette fois-ci, beaucoup plus longue.