L'accusée livre son récit des faits et explique le contexte violent de sa relation avec Steve Depla.

Le président de la cour d'assises du Hainaut, Jean-François Jonckheere, a interrogé jeudi matin Gaëlle Buisseret, accusée du meurtre de son compagnon Steve Depla commis le 29 janvier 2018, peu après 20h, sur la Place de la Chapelle-aux-Puits à Trivières. La jeune femme a porté un coup de couteau dans la poitrine de son compagnon, mort une heure plus tard à l'hôpital. Plus tôt dans la journée, la défense avait annoncé la couleur, Gaëlle Buisseret recevait des coups "et ce n'était pas la première fois", quand elle a porté le coup de couteau fatal. Les questions de légitime défense et de provocation seront posées durant le procès. "Il y aura des choses à dire", a déclaré Me Guttadauria, avocat de la défense.

Interrogée par le président de la cour d'assises, l'accusée a déclaré qu'elle avait bien porté le coup de couteau qui a tué Steve Depla lors d'une dispute mais qu'elle n'avait pas eu l'intention de le tuer. "Steve m'a attrapé par les cheveux, il m'a poussée contre le chambranle, il m'a tirée vers le salon avec sa main droite. Il m'a giflé avec sa main gauche et j'ai porté des coups", dit celle qui avait 1,59 gramme d'alcool par litre de sang au moment des faits.

"Des coups", lui a demandé le président. Le fils de l'accusée, témoin des faits, a parlé de deux coups de couteau, dont le premier n'a pas pénétré la poitrine. Le second coup a été porté dans le torse, à gauche du sternum, dans la zone du cœur. "Je ne savais pas où je portais le coup", dit celle qui, selon les médecins légistes, a menti sur la trajectoire de la lame.

Alors que Steve quittait la maison, blessé, et qu'il s'est écroulé sur le trottoir, elle est allée jeter l'arme du crime dans un avaloir, à plus de trente mètres de son domicile. "C'était stupide", dit-elle. "C'était de la panique ou du sang-froid ? ", demande le président. Elle répond que c'était la panique.

Plus tôt dans la soirée, le couple s'était disputé chez un ami. "Il m'insultait de pute, il disait que j'écartais mes jambes facilement. Je lui ai dit de se calmer, il m'a craché au visage et je lui ai donné une gifle". Elle est ensuite rentré chez elle où elle a fait manger ses enfants, témoins du crime.

"J'étais en train de couper la pizza quand Steve est entré chez moi, sans frapper. Je lui ai dit de sortir de chez moi, plusieurs fois. Il s'est lancé vers moi et s'est mis à m'insulter. Il voulait sa carte d'identité et ses affaires contenues dans un sac en plastique. Il était énervé", dit celle qui prétend que Steve l'a tirée par les cheveux vers une autre pièce de la maison. L'accusation doute de cette version car aucun cheveu n'aurait été retrouvé dans la main de la victime, ni sur la scène de crime. Il y avait juste un poil, a déclaré l'avocat général.

Le procès se poursuit avec l'audition du juge d'instruction et des enquêteurs. Les médecins légistes seront auditionnés en fin de journée.