L'avocat général à la cour d'assises du Hainaut a requis mardi une peine de cinq ans de prison contre Béatrice Latinne, reconnue coupable la veille de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner

L'avocat général a demandé aux jurés de retenir la gravité des faits, "elle n'a laissé aucune chance à la victime", mais aussi de la personnalité de l'auteure, qui a besoin d'un laps de temps pour préparer sa réinsertion, alors que la libération conditionnelle interviendra assez rapidement. François Demoulin ne s'est, cependant, pas opposé à un sursis probatoire d'une durée de cinq ans. 

La défense a mis en exergue que sa cliente, âgée de 43 ans, n'avait jamais fait parler d'elle avant les faits, ni après lorsqu'elle a été remise en liberté. "Elle a déjà prouvé qu'elle pouvait se réinsérer. Elle a respecté les dix mois durant lesquels elle a été placée sous surveillance électronique. Une fois libre, elle a entamé un suivi psychologique." 

Souffrant d'un retard mental, Béatrice Latinne n'a jamais été protégée par ses parents. Son père aurait abusé sexuellement d'elle. Placée dans des homes, dès l'enfance, Béatrice Latinne a été livrée à elle-même à l'âge adulte. Elle souffre d'une phobie d'être abandonnée et est dépendante de l'autre, comme l'ont relevé les experts en santé mentale. Son parcours de vie chaotique s'est terminé dans un studio crasseux de la Place Jean Ransy à Courcelles. 

"Sa vie est la marginalité de la marginalité", a insisté son avocate qui estime qu'il est temps que la société fasse une place à cette femme dont elle n'a jamais voulue. Un sursis probatoire a été plaidé par Me Isabelle Vander Eyden, avec des conditions strictes. Le collège, formé par la cour et les jurés, est entré en délibération mardi peu après 10h00.