Le jury de la cour d'assises du Hainaut a rendu son verdict, lundi, dans l'affaire du double assassinat et de l'incendie mortel qui ont eu lieu le 1er août 2011 à Arquennes (Seneffe). Jean-Charles Van Lierde est coupable des faits. Jimmy De Paepe et Oriana Iannuzzi avaient été tués par des coups portés à la tête avec un objet contondant. Leur fils, Mattéo, 18 mois, avait succombé à une intoxication au monoxyde de carbone après avoir inhalé les fumées de l'incendie.

Le 1er août 2011, en matinée, les services de secours, intervenus au 32 de la rue de Chèvremont, avaient retrouvé le corps sans vie de Jimmy De Paepe au rez-de-chaussée. Le trentenaire avait été violemment frappé à la tête à l'aide d'un objet contondant. A l'étage, les pompiers ont retrouvé le corps de sa compagne, Oriana Iannuzzi, calciné sous des vêtements. Elle aussi avait été frappée à la tête. Les secouristes ont tenté de réanimer le petit Mattéo, âgé de 18 mois, en vain.

Pour les parties civiles et l'accusation, un faisceau éléments précis et concordants menait vers la culpabilité de l'accusé, Jean-Charles Van Lierde. Me Mayence, avocat de la famille Iannuzzi, avait d'ailleurs mis en évidence onze éléments. L'accusation avait insisté sur le mobile, Jean-Charles Van Lierde avait une dette de 9.300 euros envers Jimmy De Paepe pour vente de produits stupéfiants et travail au noir et Jimmy insistait auprès de son débiteur pour récupérer cet argent.

Les jurés ont retenu plusieurs éléments: l'absence de traces de défense chez les victimes, le caractère volontaire de l'incendie, l'importante consommation de cocaïne dans le chef de l'accusé et la dette, les insistances de Jimmy pour récupérer cette dette, l'ADN relevé sur la clenche de la porte de la véranda, les déclarations évolutives de l'accusé, l'analyse de sa téléphonie, l'arme du crime qui ressemble étrangement au marteau utilisé par les menuisiers (métier de l'accusé) et le fait que Jimmy a ouvert la porte à quelqu'un qu'il connaissait.

Le débat sur la peine aura lieu lundi après-midi.

La défense de Jean-Charles Van Lierde plaide "une lueur d'espoir"

La défense de Jean-Charles Van Lierde a plaidé, lundi, "une lueur d'espoir" pour celui qui a été reconnu coupable de deux assassinats et d'un incendie ayant causé la mort, la nuit, d'un enfant.

L'accusation a requis une peine minimale de 20 ans de réclusion criminelle. Me Preumont a demandé aux jurés de retenir des circonstances atténuantes en faveur de celui qu'il conseille depuis le début de cette affaire, à la demande du père de l'accusé qui était lui-même avocat.

"Il n'était pas fait pour les études. Néanmoins, constatant qu'il ne pourrait pas conquérir un diplôme universitaire comme son père et son frère, il n'est pas resté à ne rien faire. Il a trouvé le travail du bois comme étant celui qui lui convenait le mieux, avec un bon niveau de compétence", indique Me Preumont qui constate que le tableau n'est pas si noir.

L'avocat ajoute que l'accusé n'était pas connu pour des faits de violence. "Sa vie a basculé lors du réveillon de l'an 2000. Ce soir-là, il a goûté à la cocaïne". Le jeune homme est vite devenu accro à cette drogue. "Cette toxicomanie a tout bousillé, de sa faute".

Jean-Charles Van Lierde a crié son innocence jusqu'au bout. Il a passé sept mois en détention préventive, étant libéré en juillet 2012. "Il a compris qu'il devait en finir avec cette drogue et il s'est mis comme objectif de ne plus consommer de stupéfiants".

En 2014, Jean-Charles Van Lierde a été interpellé par la police en état d'alcoolémie au volant de sa voiture. "Il est, depuis, devenu totalement abstinent". Pour sa défense, il a veillé à mener une vie saine en remontant la pente, travaillant et étant entouré de sa femme et de ses enfants. L'homme a été décrit comme un bon père de famille, un bon compagnon et un bon travailleur par les témoins de moralité.

Pour sa défense, Jean-Charles Van Lierde ne représente pas un danger pour la sécurité publique. "Il faut lui laisser de l'espoir pour qu'il puisse lutter afin de ne pas être complètement déconstruit par la prison".

Enfin, l'avocat croit à la réinsertion de M. Van Lierde au sein de la société.