Centre L’accusé conteste avoir eu l’intention de tuer Christian Bonnet, décédé le lendemain à l’hôpital.

Accusé du meurtre de Christian Bonnet, agressé le soir du 14 décembre 2014 à La Louvière, Jonathan Lévêque (31 ans) a expliqué à la cour d’assises du Hainaut, lundi, qu’il avait porté des coups à Christian Bonnet (54 ans) car ce dernier avait insulté ses parents.

L’accusé conteste avoir eu l’intention de tuer Christian Bonnet, décédé le lendemain à l’hôpital d’une hémorragie interne, conséquence des coups reçus dans l’abdomen. Jonathan Lévêque hébergeait Christian Bonnet chez lui et sa compagne, depuis trois mois. "Au début, cela se passait bien. Et puis, cela s’est détérioré car il ne respectait pas les règles. Je l’ai mis dehors mais j’ai eu des remords, alors je l’ai repris."

Les journées étaient classiques pour ces marginaux. Christian se levait tôt pour aller faire la manche. Jonathan et sa compagne se levaient plus tard, vers 10h. Ils rejoignaient Christian l’après-midi et buvaient. L’alcool provoquait des violences verbales, voire physiques. "Christian a mis une tension entre moi et ma copine, cela s’est dégradé."

Le 14 décembre 2014 , Jonathan et sa compagne ont rejoint Christian près du GB. Ils ont bu des dizaines de bières. Ils ont été conviés à aller boire d’autres boissons alcoolisées chez un homme qui avait besoin de compagnie. Ils se sont rendus à la rue de Bouvy. "Tout se passait bien mais Christian a commencé à injurier ma copine et moi. Je me suis avancé vers lui pour lui enlever son verre. Il a insulté mes parents. Quand j’ai bu, ces paroles-là ne passent pas. Je lui ai donné deux coups-de-poing dans la figure", poursuit celui qui a perdu son papa dans un accident de moto alors qu’il avait trois ans. Sa maman a ensuite sombré dans l’alcool.

L’accusé, qui avait l’habitude de calmer sa colère en frappant dans les murs, conteste avoir donné volontairement un violent coup-de-poing dans un carreau, en bas de l’immeuble. "J’ai trébuché. Je suis remonté pour me soigner. J’ai placé un essuie autour de ma main ensanglantée". Il est ensuite redescendu dans la rue, forçant Christian à le suivre "car l’air frais allait lui faire du bien". L’accusé déclare qu’il souhaitait le calmer et le raisonner.

Mais une pluie de coups est tombée sur la rue de Bouvy à La Louvière, un déchaînement de violence dans le chef de l’accusé. "Il a continué à m’injurier. Je lui ai donné des coups de poings dans le visage, à califourchon sur lui. Je lui ai aussi donné des coups de pieds dans l’abdomen et la tête. J’ai pété un plomb. Je suis revenu à la charge après avoir essayé de suivre ma copine. J’avais encore plus la haine car on s’était disputé à cause de lui et j’ai sauté à pieds joints dessus. Il était couché sur le dos. Il ne bougeait pas mais il parlait. Quand j’ai entendu l’ambulance, j’ai paniqué et je suis parti en courant."

Paniqué ? La présidente de la cour, Martine Baes, constate que l’accusé a pris le temps de prendre cinq euros dans la poche de sa victime. "C’était mon argent, j’en avais besoin pour prendre le bus". Emmené à l’hôpital, Christian Bonnet était ivre (4,3 grammes d’alcool) mais son état de semblait pas être inquiétant. Il s’est dégradé le lendemain. Vers 16h, Christian est décédé des suites d’une hémorragie interne.

Identifié par des témoins et par des images retirées des caméras urbaines, Jonathan Lévêque a été arrêté le 15 décembre et placé sous mandat d'arrêt. "Quand je suis revenu de l'hôpital où j'étais allé faire soigner ma main, les policiers avaient mis des scellés sur ma porte. Ma voisine m'a dit que c'était pour des stupéfiants. J'ai appelé les policiers moi-même. Je ne pensais pas que c'était pour ça, je ne pensais pas que Christian allait mourir".

Une requalification du meurtre en coups et blessures ayant entrainé la mort sans intention de la donner n'est pas exclue par la défense. Me Jean-Edmond Mairiaux, avocat de Jonathan Lévêque (31 ans) a annoncé lundi qu'il contesterait probablement l'intention d'homicide. "Je n'ai jamais eu l'intention de le tuer", a déclaré l'accusé lors de son interrogatoire devant la cour. Libéré sous conditions en octobre 2015, Jonathan Lévêque a été inculpé pour des coups portés avec un mineur, avec incapacité permanente en août 2017. Il a écopé de 37 mois de prison avec sursis probatoire de cinq ans, en 2018 devant le tribunal correctionnel du Hainaut, division de Mons.