La cour d'assises du Hainaut a auditionné les experts en psychiatrie qui ont procédé à l'examen mental de Jean-Charles Van Lierde. Il a été considéré comme responsable de ses actes. Les deux psys qui avaient rédigé le premier rapport, quelques semaines après l'arrestation de l'accusé, ne se sont présentés à l'audience, excusés par des certificats médicaux. Me Couquelet, avocate de la mère et de la sœur de Jimmy De Paepe, a souhaité la lecture intégrale de ce rapport. Cette expertise a fait l'objet d'une actualisation à la demande du juge d'instruction. Un neuropsychiatre et un psychologue ont alors été désignés en avril 2018 pour réaliser ce devoir, en raison d'un changement légal. Mardi, ils ont témoigné devant la cour.

Il ressort du premier rapport que Jean-Charles Van Lierde ne souffrait, au moment des faits, d'aucun trouble mental ou de démence le rendant irresponsable de ses actes. L'accusé niait les faits, déclarant "être victime d'une enquête à charge uniquement" et donnait des explications rationnelles pour chaque élément. Il était cependant accro à la cocaïne mais estimait que sa consommation était sous contrôle.

Toutefois, les experts estiment qu'une consommation trop importante peut provoquer un changement de comportement, entraînant parfois un sentiment de toute puissance durant les cinq ou six heures qui suivent, "mais c'est très variable d'une personne à l'autre", a souligné le neuropsychiatre devant la cour. L'accusé précise qu'il a arrêté la cocaïne dès sa sortie de prison, deux ans avant le décès de son père, mort le 21 décembre 2014.

Les premiers experts ont rencontré une personnalité égocentrée, avec peu d'empathie pour l'autre et narcissique. "On note encore des capacités de dissimulation, le souci de donner une image adaptée, parfaite, conventionnelle alors que des aménagements, arrangements personnels peuvent se faire avec une liberté face à la règle, en fonction de son intérêt, derrière ce premier niveau", ont-ils écrit dans leur rapport. Ils ont ajouté que l'intéressé semblait peu sensible au stress "tant qu'il peut garder le contrôle de l'autre, de la situation et de son image. Lorsqu'il n'y arrive pas, des réactions de débordements ne sont pas exclues".

Aucun signe dépressif n'a été mis en évidence lors du second examen mais les experts notent que l'accusé ne manifestait aucune émotion quand il s'agissait de relater la disparition de Jimmy De Paepe et d'Oriana Iannuzzi qu'il considérait comme ses amis. Le neuropsychiatre n'a par ailleurs rencontré aucune psychose chez l'accusé, qui se présentait comme un sportif qui avait tourné le dos à la drogue.

Le psychologue ajoute que l'accusé à une intelligence supérieure à la moyenne, résistant aux tests car il avait encore un mauvais souvenir de sa première expérience, en 2012. Des traits narcissiques modérés ont été relevés chez Van Lierde, "un homme qui s'aime bien et qui a besoin d'être admiré". L'accusé est aussi un homme énergique, actif, qui a besoin de bouger mais il est inconnu pour des faits de violence.

Jean-Charles Van Lierde est accusé d'avoir assassiné Jimmy De Paepe, son dealer, et sa compagne Oriana Iannuzzi, à coups de marteau dans leur maison de la rue de Chèvremont à Arquennes. Il est également soupçonné d'avoir bouté le feu à la maison, ce qui a provoqué la mort de Mattéo, leur fils, âgé de 18 mois. Il conteste les faits.