Le juge d'instruction et les policiers qui ont enquêtés sur l'incident survenu à Arquennes, le 1er août 2011, sont venus témoigner devant la cour d'assises du Hainaut, lundi après-midi. Ils ont mis en évidence de nombreux indices qui convergent vers l'accusé, lequel conteste les faits.

Le 1er août 2011, les enquêteurs ont été confrontés à une scène d'horreur dans la maison numéro 32 de la rue de Chevremont à Arquennes. Le feu avait ravagé l'étage de cette maison mais pas le rez-de-chaussée. Ils ont ainsi découvert le corps de Jimmy De Paepe, couché dans la salle à manger. Le cadavre était couché sur le dos, la tête était couverte de sang. Il y avait une plaie importante à l'arrière du crâne. Selon les enquêteurs, l'analyse des projections de sang prouve que la victime a été frappée par derrière, alors qu'elle se rendait vers la cuisine. Dans cette pièce, une armoire a été fouillée.

Le cadavre d'Ornella Iannuzzi a été découvert, calciné sous un tas de vêtements, sur un lit à l'étage. Des coups portés avec un objet contondant ont aussi été portés sur le crâne. Un placard a également été fouillé dans cette pièce. Les policiers n'ont constaté aucune trace d'effraction dans la maison, tout porte à croire que Jimmy connaissait ses agresseurs et qu'il y a eu une discussion dans la salle à manger, dont la porte donnant accès à la cuisine était fermée.

Le 1er août, les experts de la police scientifique ont eu des difficultés à relever des indices en raison du feu et de l'eau déversée pour éteindre l'incendie. Une trace ADN a été relevée sur la poignée de porte donnant accès vers la terrasse, soit le chemin de fuite, et il s'agissait de l'empreinte génétique de l'accusé, lequel a déclaré qu'il s'était rendu à Arquennes le 30 juillet, ce qui est impossible selon l'enquête.

L'analyse de téléphonie a également mis en exergue de nombreux contacts entre Jean-Charles Van Lierde et Jimmy De Paepe. Ce dernier avait confié à une amie qu'un homme lui devait de l'argent et qu'il avait trouvé une solution pour payer cette dette, soit commettre une escroquerie au préjudice de la compagnie qui assure le matériel de travail de l'accusé. Ce dernier était à la tête d'une entreprise de menuiserie en proie à de grosses difficultés financières. L'entreprise a d'ailleurs été déclarée en faillite en 2011 alors que l'accusé était un gros consommateur de cocaïne et qu'il avait tendance à confondre la caisse de la société et son compte en banque personnel.

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Le téléphone de Madame Iannuzzi a continué à fonctionner après sa mort et il a été balancé dans la nature en région bruxelloise, près du ring, sur le chemin situé entre Arquennes et Overijse, où vivait l'accusé. Des documents mentionnant l'adresse de Jimmy De Paepe ont aussi été retrouvés chez l'accusé.

Tous ces éléments ont convaincu le juge d'instruction de mettre Jean-Charles Van Lierde sous mandat d'arrêt, en décembre 2011, bien que l'arme du crime n'ait jamais été retrouvée. Selon les enquêteurs, il pourrait s'agir d'un marteau qu'utilisent les menuisiers. Le 25 août 2011, l'associé de l'accusé n'a pas retrouvé le marteau nécessaire pour effecteur un test alors qu'il se trouvait dans une valisette, le 24 mai 2011, lors du dernier test. Mais le père de l'accusé a remis, plus tard, un marteau aux enquêteurs. Ce marteau a fait l'objet d'un examen ADN, sans résultat, et il correspond à des traces de coups relevés sur des pièces en bois dans la maison. (voir ci-dessous)

Jean-Charles Van Lierde conteste être l'auteur du double assassinat mais aussi de l'incendie qui a tué Mattéo, l'enfant des victimes qui était âgé de 18 mois.

L'arme du crime n'a jamais été retrouvée

C'est très probablement entre minuit et trois heures le 1er août 2011 que le double crime a été commis. Selon les constatations du médecin légiste, Jimmy De Paepe et Oriana Iannuzzi ont été frappés à l'arrière du crâne à l'aide d'un objet contondant. Cependant, l'arme du crime n'a pas été retrouvée. D'après l'enquête, cette arme pourrait être un marteau, comme on en trouve dans toutes les boutiques de bricolage. Or, Jean-Charles Van Lierde est menuisier et il utilise ce genre d'outils.

Le 3 avril 2012, une perquisition a été menée au domicile du père de l'accusé où se trouvait le bureau professionnel de ce dernier, afin de retrouver cette massette. Le père de l'accusé remit spontanément aux enquêteurs une massette qu'il avait retrouvée par hasard chez lui en préparant son déménagement et qui pourrait correspondre à la massette manquante faisant partie du coffret habituellement utilisé par son fils et son associé.

Or, l'associé n'a pas retrouvé ce marteau dans ce coffret quand il a voulu l'utiliser le 25 août 2011, alors qu'elle s'y trouvait le 24 mai pour sa dernière utilisation. Les enquêteurs ont comparé le marteau donné par le père de l'accusé avec les impacts dans le mobilier, retrouvés sur la scène de crime, et les coups correspondent.