L'accusé conteste les faits. Vendredi, la défense a plaidé son acquittement au bénéfice du doute alors que les parties civiles et l'accusation ont soutenu sa culpabilité. Le 1er août 2011, les pompiers étaient appelés pour un incendie au 32 de la rue de Chèvremont à Arquennes. Au rez-ce-chaussée gisait le corps sans vie de Jimmy De Paepe. L'homme avait le crâne fracassé. A l'étage, les pompiers ont découvert sur le lit, le corps d'Oriana Iannuzzi. Le cadavre était carbonisé mais la jeune femme avait été frappée à la tête avec un objet contondant. Enfin, les pompiers ont tenté de sauver le fils du couple, Mattéo, mais l'enfant âgé de 18 mois est mort d'une intoxication au monoxyde de carbone. L'incendie n'a ravagé que le premier étage où se trouvaient la mère et son fils. Par contre, l'eau a fait des dégâts dans toute la maison.

L'affaire a été mise à l'instruction et les enquêteurs se sont intéressés aux derniers contacts du couple. Ils ont remarqué que Jimmy De Paepe en avait eu de multiples avec Jean-Charles Van Lierde, un menuisier du Brabant wallon qui lui achetait de la cocaïne et qui le faisait parfois travailler au noir. M. Van Lierde a été placé sous mandat d'arrêt en décembre 2011 et libéré par la chambre du conseil en juillet 2012. Il a toujours clamé son innocence.

Jeudi et vendredi, les parties civiles ont plaidé en faveur de la culpabilité. Les avocats ont insisté sur l'empreinte ADN de l'accusé, retrouvée sur la poignée de la porte de la véranda, le chemin de fuite selon les enquêteurs. Pour les avocats, cette trace "récente et intacte" prouve que l'accusé s'est rendu à Arquennes le 31 juillet au soir. Pour la défense, elle a pu être déposée cinq jours plutôt et il s'agit de la seule trace retrouvée sur la scène de crime.

La défense ajoute que le sang des victimes n'a pas été retrouvé dans les véhicules habituellement utilisés par l'accusé et que la femme de ménage a varié dans ses déclarations. Au début de l'enquête, elle ignorait si elle avait touché la poignée de porte avec ses mains mouillées. Mercredi, devant la cour, elle a affirmé qu'elle avait touché la clenche avec ses mains mouillées, le 27 juillet, ce qui aurait dû diminuer ou faire disparaitre l'ADN déposé le 26.

Me Couquelet, pour les parties civiles, avait insisté sur le fait que les victimes avaient un chien et qu'elles ont dû ouvrir la porte à de multiples reprises, entre le 27 juillet et le 1er août, pour le faire sortir sur la terrasse.

Pour les parties civiles et l'accusation, l'accusé avait un mobile: effacer une dette de 9.300 euros, réclamée avec insistance par Jimmy qui devait s'acheter une nouvelle voiture.

Pour la défense, rien ne prouve que Jean-Charles Van Lierde est l'auteur de ce massacre. D'autres pistes auraient pu être analysées car Jimmy De Paepe vendait de la drogue à une belle clientèle. "Toutes les pistes ont été analysées durant l'enquête", a répondu l'avocate générale.

Me Mayence, pour les parties civiles, a surenchéri en déclarant qu'attaquer un homme, par derrière, à coups de marteau n'est pas dans les habitudes du grand banditisme.

Ce soir-là, l'auteur n'a pas emporté la drogue ni les 15.000 euros cachés sous un tiroir, il est parti avec deux GSM, un agenda et un sac-banane. Quelques-uns de ces objets ont été retrouvés le long du ring bruxellois, soit entre Arquennes et Overijse, où vivait l'accusé. La défense a répondu que cet endroit est un véritable dépotoir, que Jimmy De Paepe avait 80% de ses activités à Bruxelles et qu'il avait peut-être des problèmes avec des Bruxellois.

Vendredi, Me Mayence a mis en évidence 11 points précis et concordants qui, reliés entre eux, convergent vers la culpabilité, selon lui. Il a été imité par l'accusation, qui a établi un scénario "en fonction des éléments objectifs du dossier". La défense a mis en évidence quatre points pour plaider le doute qui doit profiter à l'accusé.