Après deux jours de procès aux assises du Hainaut, la position de Jean-Charles Van Lierde n'a pas varié. Il prétend toujours être étranger aux faits survenus le 1er août 2011 à la rue de Chevremont à Arquennes. Cette nuit-là, Jimmy De Paepe et Oriana Iannuzzi ont été assassinés et le feu a été bouté à leur maison, tuant leur fils Mattéo âgé de 18 mois. Cependant, de plus en plus d'indices convergent vers lui. Lundi, les enquêteurs avaient présenté à la cour de nombreux indices qui convergent tous vers l'accusé. Il y avait notamment la téléphonie. Lundi, l'accusé a déclaré que, le 1er août 2011, il avait envoyé deux SMS à Jimmy et qu'il avait tenté de l'appeler.

Mardi, un PV a été déposé par les policiers. Certes, il a bien envoyé deux SMS, à 14h12 et à 18h18 (soit bien après la découverte des trois cadavres dans la maison d'Arquennes), mais les policiers n'ont retrouvé aucune trace de l'appel. "J'imagine que j'ai envoyé un SMS avant et un autre après ma réunion d'entreprise chez mon père", dit-il.

"Chez votre père ? Le réseau passe finalement bien chez votre père", lance Me Mayence, avocat des parties civiles, qui se souvient que lundi, l'accusé avait insisté sur le mauvais réseau qui couvre Lasne, raison pour laquelle il n'avait pas répondu à sa compagne la nuit des faits. "Je vous ai dit : j'imagine", a répondu l'accusé.

L'accusé avait une dette envers Jimmy De Paepe et le tuer pour effacer cette ardoise pourrait être considéré comme un mobile, d'autant plus que l'accusé rencontrait de gros problèmes financiers car sa société n'allait pas échapper à la faillite.

Il ressort des témoignages faits sous serment devant la cour mardi que Jimmy De Paepe vendait de la cocaïne et qu'il avait une belle clientèle. Cependant, selon un client qui était aussi un ami, il vendait rarement la drogue depuis son domicile et la plupart de ses clients ignoraient même où il habitait.

Les témoins se souviennent aussi que Jimmy était assez énervé contre un client qui refusait de rembourser sa dette, un homme "qui posait des parquets" et dont le père "travaillait au sein de la Justice". L'accusé exerce ce métier et est le fils d'un avocat d'affaires de Bruxelles.

Agent de sécurité, sportif, adepte des arts martiaux, Jimmy aurait été capable de se défendre face à un potentiel agresseur, selon les témoins. "Ce n'était pas le genre de garçon qui se laissait impressionner. Il existait deux façons de l'immobiliser, avec une arme ou le prendre en traitre", a déclaré un témoin, quelques jours après le drame.

Il ressort de l'enquête que Jimmy a été mortellement frappé à l'arrière du crâne avec un marteau par quelqu'un qu'il connaissait car il lui avait ouvert la porte de sa maison.

Le procès reprendra mercredi à 9h avec l'audition d'un témoin depuis la Thaïlande, suivie de l'audition de la compagne de l'accusé et de son ancien associé avec lequel il est en conflit. La défense a demandé à la cour de ne pas mettre les deux derniers témoins dans la même salle lors de la première audition.