Une peine minimale de 20 ans de réclusion criminelle a été requise par le ministère public contre Jean-Charles Van Lierde, reconnu coupable d'un double assassinat et de l'incendie mortel qui ont eu lieu le 1er août 2011 à Arquennes (Seneffe). L'accusation a tenu compte du dépassement du délai raisonnable sinon elle aurait requis une peine de 28 à 30 ans. L'avocate générale, Ingrid Godart, s'est penché sur la gravité des faits, "la mise à mort de trois personnes pour un motif financier, l'extrême lâcheté des des faits, dont la mort d'un petit enfant". La souffrance des victimes "qui se battent depuis dix ans" a aussi été prise en compte par l'accusation.

Concernant la personnalité de l'accusé, l'avocat général note que M. Van Lierde a grandi dans un milieu bourgeois et aisé, qu'il n'a jamais manqué de rien. Malgré l'absence de diplôme, il a monté une société de menuiserie avec un associé mais l'affaire s'est terminée en faillite malgré les recommandations de son père, avocat d'affaires à Bruxelles. Les nombreux mensonges, notamment au sujet de son assuétude à la cocaïne, ont aussi été pris en compte. "Il a mis des années à se reconstruire, il semble être sorti de son assuétude". Il a aussi construit une famille et mis en place une nouvelle affaire.

Jean-Charles Van Lierde n'avait aucun antécédent judiciaire au moment des faits "mais il consommait des stupéfiants de manière importante". L'expertise mentale a mise en évidence une absence de remise en question chez M. Lierde qui a contesté les faits jusqu'au bout. Des traits narcissiques modérés ont été mis en évidence lors de l'expertise. Le dépassement du délai raisonnable "en raison d'une enquête qui n'a pas été simple" a été évoqué par l'accusation. "Être jugé dix ans après les faits n'a pas dû être facile à vivre pour toutes les parties", a déclaré Mme Godart, laquelle a demandé aux jurés de prendre ce critère en considération.

La défense de Jean-Charles Van Lierde plaide "une lueur d'espoir"

La défense de Jean-Charles Van Lierde a plaidé, lundi, "une lueur d'espoir". Me Preumont a demandé aux jurés de retenir des circonstances atténuantes en faveur de celui qu'il conseille depuis le début de cette affaire, à la demande du père de l'accusé qui était lui-même avocat. "Il n'était pas fait pour les études. Néanmoins, constatant qu'il ne pourrait pas conquérir un diplôme universitaire comme son père et son frère, il n'est pas resté à ne rien faire. Il a trouvé le travail du bois comme étant celui qui lui convenait le mieux, avec un bon niveau de compétence", indique Me Preumont qui constate que le tableau n'est pas si noir.

L'avocat ajoute que l'accusé n'était pas connu pour des faits de violence. "Sa vie a basculé lors du réveillon de l'an 2000. Ce soir-là, il a goûté à la cocaïne". Le jeune homme est vite devenu accro à cette drogue. "Cette toxicomanie a tout bousillé, de sa faute". Jean-Charles Van Lierde a crié son innocence jusqu'au bout. Il a passé sept mois en détention préventive, étant libéré en juillet 2012. "Il a compris qu'il devait en finir avec cette drogue et il s'est mis comme objectif de ne plus consommer de stupéfiants".

En 2014, Jean-Charles Van Lierde a été interpellé par la police en état d'alcoolémie au volant de sa voiture. "Il est, depuis, devenu totalement abstinent". Pour sa défense, il a veillé à mener une vie saine en remontant la pente, travaillant et étant entouré de sa femme et de ses enfants. L'homme a été décrit comme un bon père de famille, un bon compagnon et un bon travailleur par les témoins de moralité.

Pour sa défense, Jean-Charles Van Lierde ne représente pas un danger pour la sécurité publique. "Il faut lui laisser de l'espoir pour qu'il puisse lutter afin de ne pas être complètement déconstruit par la prison". Enfin, l'avocat croit à la réinsertion de M. Van Lierde au sein de la société.

Le jury et la cour sont entrés en délibération pour débattre sur la peine. Un arrêt est attendu lundi après-midi.