L'avocate a invité les jurés à se mettre dans la peau de l'accusée, laquelle a toujours contesté avoir voulu tuer Jean.

La défense a plaidé lundi, devant la cour d'assises du Hainaut, les coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Me Isabelle Vander Eyden a ainsi contesté l'intention d'homicide dans le procès de Béatrice Latinne, accusée du meurtre de son compagnon, Jean Gillard, commis le 27 juillet 2018 à Courcelles.

L'avocate a invité les jurés à se mettre dans la peau de l'accusée, laquelle a toujours contesté avoir voulu tuer Jean. "La juge d'instruction a traduit ses propos comme un geste désespéré", a déclaré l'avocate. "Mais elle a quand même été impliquée de meurtre" a répliqué l'avocat général. Béatrice Latinne présente un retard mental et une personnalité "abandonnique", dépendante affectivement de l'autre.

Le jour des faits, Jean était déterminé à la quitter car, selon l'un de ses amis, il en avait marre des disputes. Il avait trouvé un autre logement. Peu avant 16h00, le 27 juillet 2018, il lui a annoncé la rupture. "Elle est désespérée et elle commet un acte irréparable dans ce petit studio de douze mètres carrés. Elle s'est saisie du couteau qui était à portée de main et elle lui a donné un seul coup. Elle a réalisé la gravité des faits quand elle a vu le sang couler", raconte l'avocate qui estime que le drame aurait peut-être pu être évité dans un espace plus grand que ce petit studio insalubre. L'accusée a lavé le couteau après les faits mais la défense nuance: "On ne peut pas dire qu'elle ait vraiment nettoyé ce couteau à entendre les policiers".

La défense a demandé aux jurés de ne pas retenir l'intention d'homicide. "Je suis certaine qu'elle n'a jamais souhaité tuer Jean Gillard. Elle voulait continuer à vivre avec lui." Dans sa réplique, l'avocat général est resté sur sa position. Selon lui, l'intention d'homicide est établie. Le jury est entré en délibération pour débattre sur la culpabilité. Un arrêt est attendu lundi après-midi.