Du soulagement à la désillusion et l'incompréhension. Voilà les sentiments qui ont traversé ces dernières heures l'esprit de Benoit et Charlotte, propriétaires du centre de bien-être La Ligule à Mignault (Le Roeulx). Mercredi soir, le nouvel arrêté ministériel renforçant les mesures stipulait que les centres de bien-être devaient fermer "sauf si leur utilisation est privée". "A ce moment-là, nous étions contents parce que nous pouvions rester ouverts", explique Benoit qui propose l'accès à son espace wellness de façon privatisée.

La douche froide est arrivée le lendemain après-midi avec la modification de cet arrêté ministériel. "Il est vrai que précédemment une exception était prévue légalement pour l'usage privatif des saunas, hammams et cabines de vapeur", leur a communiqué le SPF Economie. "Cette exception n'est désormais plus reprise dans la législation : elle n'est de ce fait plus applicable."

Comme tous les autres spas du pays, celui de Benoit et Charlotte a donc été contraint de fermer. "Notre agenda de réservations était rempli jusqu'au 11 novembre", déplore Benoit. cli"Et le fait d'avoir modifié cette annonce en quelques heures n'a rien arrangé parce que nous avons pris de nouvelles réservations avec des acomptes entre temps. Ils nous ont fait croire que l'on pouvait travailler avant de retourner leur veste alors que nous nous étions déjà organisés. C'est vraiment une gestion à la Belge... Je dois donc désormais contacter toutes les personnes pour leur annoncer la nouvelle."

"Cela permettait pourtant de se changer les idées"

La déception est grande. Mais c'est surtout l'incompréhension qui domine. "Nous respections le protocole à la lettre. C'était une seule bulle sociale par rendez-vous pour le spa, les gens ne se croisaient plus dans les bâtiments grâce à un créneau entre chaque client, on ne servait plus à boire ou à manger et on désinfectait tout l'espace entre chaque rendez-vous. C'est vraiment incompréhensible d'en arriver là. D'autant plus que ces instants de détente permettaient à beaucoup de gens de venir se changer les idées en toute sécurité durant ces temps difficiles. C'est important pour la santé mentale des gens."

Mais le pire est probablement à venir pour le couple de tenanciers de La Ligule. Les nouvelles annonces attendues ce vendredi pourraient les contraindre d'également fermer leurs gîtes. "Ce serait terrible parce que les réservations sont aussi nombreuses, notamment pour la semaine de Toussaint. Et on risque de devoir tout annuler du jour au lendemain. Pourquoi ne pas prendre des mesures plus en amont pour éviter ce genre de situation de frustration et de confusion de dernière minute ?"