Jean-Luc Crucke a annoncé sa démission. Et avec son départ, le lavoir-triage de Péronnes-lez-Binche perd un admirateur de poids. Il y a un an en effet, le futur ex-ministre wallon du Budget et des Finances déclarait littéralement sa flamme pour l'imposante cathédrale de béton, unique en son genre.

Alors qu'il passait en revue le patrimoine wallon pour voir ce qui pouvait être vendu et faire rentrer de l'argent dans les caisses de la Région, le libéral avait vu atterrir le dossier du lavoir sur sa table. Avant de prendre la moindre décision, le ministre avait voulu se rendre sur place pour découvrir un bâtiment qu'il ne connaissait pas. Le lavoir était ainsi devenu le crush de Crucke. "J’ai rarement été autant perturbé par la visite d’un bâtiment que par celle du Triage-Lavage de Binche", commentait Jean-Luc Crucke il y a un an sur les réseaux sociaux. "Véritable merveille du passé industriel de la Wallonie, il est le dernier vestige de ce type debout au monde ! Même s’il a déjà englouti beaucoup d’argent public, il ne m’appartient pas d’être juge du passé, mais le gouvernement devra se pencher sur son futur !"

Depuis lors, Jean-Luc Crucke s'était donné le temps de la réflexion. Il avait consulté les différents acteurs de terrain et remis le dossier de la reconversion du lavoir sur les rails, la vente du bâtiment ne devant intervenir qu'en dernier recours, faute de mieux. Les démarches sont toujours en cours. Mais il faudra désormais composer sans cet ardent défenseur du lavoir au sein du gouvernement wallon.

"Jean-Luc Crucke était tombé amoureux du lavoir, c'est vrai. Et avoir un ministre qui défend un projet de cette envergure, c'est très important. Car c'est un dossier difficile qui demande une force de frappe politique importante et il y a des investissements nécessaires à réaliser", commente Laurent Devin, bourgmestre de Binche. "Il y a également des collaborations à activer. On ne réalise pas un dossier comme celui-là tout seul. Or, nous avions trouvé un interlocuteur à la dimension du projet."

Et maintenant? Le bourgmestre de la Cité du Gille ne panique pas pour la suite, le dossier est sur les rails. "Nous verrons comment les choses évoluent. Le temps nous le dira. Mais le dossier est lancé. Il y a eu une décision du gouvernement wallon d'ouvrir un appel à projets qui doit être embrassé par des investisseurs. C'est sur cela qu'on travaille, et on y travaille réellement. Des investisseurs ont déjà manifesté leur intérêt, ils attendent à présent de pouvoir consulter l'appel à projets qui doit émaner du cabinet du ministre", conclut Laurent Devin.