Les années passent et ne se ressemblent pas. Surtout depuis qu'un virus sévit aux quatre coins de la planète. Mais à Binche, la pandémie n'a pas encore eu raison de certaines traditions bien ancrées. Ainsi, comme tous les ans, Gilles Rochez a découvert sa fresque sur la devanture du magasin Glotz.

Le geste est reproduit depuis 28 ans maintenant. Chaque fois, l'artiste adresse un clin d'œil, sur le fond et sur la forme, au folklore binchois. Cette année, la fresque de Gilles Rochez est chantante, puisqu'elle arbore des paroles d'airs du carnaval. "S'il n'y a pas de carnaval et qu'on ne peut pas danser, rien ne nous empêche de chanter. C'est comme ça que j'ai trouvé l'inspiration cette année", nous confie l'artiste.

Les autorités binchoises doivent se prononcer la semaine prochaine sur la tenue du carnaval. Gilles Rochez n'y croit pas trop. "Quand on voit l'explosion d'Omicron, ça ne semble pas réaliste. Des premiers bruits évoquaient des festivités uniquement pour le Mardi Gras, sous surveillance et avec les bistros à l'extérieur. Ça semble difficile."

On ne sait pas encore si le carnaval se fera ou pas. Mais en attendant, la fresque de Gilles Rochez apporte un peu de baume au cœur des amoureux du folklore. "La fresque est installée depuis jeudi. J'ai eu une réaction négative de quelqu'un qui trouvait que si le carnaval ne se fait pas, il ne faut pas l'évoquer à travers des décorations pour ne pas remuer le couteau dans la plaie. À côté de ça, j'ai déjà eu des centaines de retours positifs."

Gilles Rochez nous le démontre avec cette fresque, le coronavirus peut avoir raison du folklore, mais pas de l'amour du folklore qui reste bien vivace dans la Cité du Gille.