La décision à laquelle tous les Binchois sont suspendus est attendue la semaine prochaine. Le carnaval aura-t-il lieu? Si oui, dans quelles conditions?

Voilà un mois que les autorités ont reporté à la mi-janvier le grand choix. À ce moment-là, la quatrième vague de coronavirus qui avait submergé la Belgique et ses hôpitaux commençait à se retirer. Et après des mois d'octobre et de novembre particulièrement noirs, les chiffres de l'épidémie repartaient dans le bon sens. La Cité du Gille enregistrait par ailleurs un bon taux de vaccination. "Ces deux éléments nous laissent raisonnablement espérer que les prochains Codeco puissent lever certaines contraintes sanitaires", communiquaient alors les autorités binchoises.

C'était sans compter sur Omicron. Depuis deux ans, cette pandémie a joué assez souvent de mauvais tours pour faire valser les prédictions, optimistes comme pessimistes. Ainsi, l'arrivée impromptue de ce nouveau variant beaucoup plus contagieux est venue changer la donne à Binche et doucher les espoirs d'il y a un mois. Omicron serait tout de même moins nocif que ces prédécesseurs, si bien que certains misent sur une sortie de crise d'ici quelque temps. Mais ces prévisions rassurantes sont loin d'être certaines. Et d'ici le grand choix attendu la semaine prochaine, les autorités binchoises ne pourront pas composer avec cette éventualité.

En revanche, il faudra faire avec la prolongation du covid safe ticket. Le gouvernement wallon vient d'avaliser son maintien jusqu'au 15 avril. Un élément à prendre en plus dans la difficile équation carnavalesque, entre les chiffres de l'épidémie, les intérêts des métiers qui vivent du folklore, les règles de sécurité ou encore les traditions qui ne se bousculent pas facilement à Binche.

Certains évoquent un Mardi Gras à huis-clos. En coulisses, on nous explique que tous les scénarios sont sur la table et qu'il faut penser à tout le monde, notamment à l'Association de Défense du Lundi. On imagine bien que les autorités tenteront tout pour sauver le carnaval après une annulation historique l'an dernier. Mais pour l'heure, la situation dans les hôpitaux ne laisse pas de grande marge de manœuvre. Reste à voir si le prochain Codeco, décisif pour le carnaval de Binche, assouplira les règles pour les rassemblements extérieurs. Ce qui reste pour le moment difficilement imaginable, alors que l'explosion des contaminations et des quarantaines qui vont avec fait redouter une paralysie du pays…