La célébration d'un mariage fait à nouveau polémique à Binche.

On ne badine pas avec le folklore à Binche. Le carnaval est une affaire sacrée, il est régi par des règles strictes destinées à assurer son bon déroulement. Si bien que la célébration d'un mariage fait à nouveau polémique dans la Cité du Gille. Pas de rodéo sur le rond-point de Péronnes cette fois-ci. Mais un air de Gille, joué à la sortie de l'Hôtel de Ville où des amoureux venaient de se dire oui. Problème: il est interdit de faire résonner ces airs au cœur de Binche avant la Sainte-Cécile, patronne des musiciens, ou après le mercredi des Cendres. Concrètement, entre la fin du carnaval et le 22 novembre, pas de musiques carnavalesques sur la voie publique ou dans des lieux publics.

Le rappel de cette règle a enflammé la toile des réseaux sociaux. Dura lex sed lex, estiment certains, même lorsqu'il s'agit de folklore. D'autres estiment au contraire que les petits roulements de tambour et le souffle de la trompette ainsi ciblés n'étaient pas bien méchants, le folklore devrait évoluer avec son temps.

"Ce qui est fait est fait. Je n'en veux pas aux mariés et je leur souhaite beaucoup de bonheur. Mais il est de mon devoir de rappeler les règles du folklore", indique Gautier De Winter, président de l'Association de Défense du Folklore (ADF). "Ce sont des règles anciennes que nous devons respecter pour que le carnaval ne devienne pas n'importe quoi. Autrement, on entendrait des airs de Gilles sur la Grand-Place de Binche tous les week-ends. Il peut y avoir des dérogations évidemment, notamment pour des enterrements. C'était le cas récemment pour les funérailles de Christian Glotz et ça s'est fait de façon naturelle, car c'était un hommage. En-dehors du centre-ville de Binche ou dans des lieux privés, on peut également faire ce qu'on veut, il n'y a pas de problème avec ça."

Ce rappel à l'ordre a déchaîné de nombreuses réactions. Mais le président de l'ADF assume. "Il y en a qui trouvent que j'exagère", commente Gautier De Winter. "Quelqu'un a même dit que j'étais le Trump de Binche. Mais il y en a d'autres qui me soutiennent et qui me remercient de monter au front pour rappeler les règles. À la sortie du mariage, quand la musique a été jouée, j'ai bien reçu 30 à 40 appels. J'étais obligé de réagir. Je fais mon job en défendant les valeurs du carnaval. Nous restons ouverts malgré tout et notre folklore évolue. J'en veux pour preuve les changements qui avaient été apportés au carnaval cette année avec le cortège du Dimanche Gras et le Rondeau du Mardi Gras."