On dit que les voyages forment la jeunesse. Kevin Van Houter en est particulièrement convaincu. Il apprécie d'autant moins la décision du dernier Codeco qui interdit tous les voyages scolaires jusqu'à carnaval. À titre personnel, l'échevin de l'Enseignement binchois pousse un coup de gueule.

"Je comprends qu'il faut prendre des mesures pour stopper la propagation du virus, mais j'ai du mal à comprendre cette interdiction qui vise les sorties scolaires avec nuitée et donc, les vacances au ski", explique Kevin Van Houter. "On n'empêche pas les gens de s'entasser dans les transports en commun, les centres commerciaux ou même les marchés de Noël. On n'empêche pas non plus les gens de partir en vacances. Mais on veut interdire à des enfants qui sont déjà tout le temps ensemble en classe de partir en voyage. Il y a sans doute une logique, mais elle n'est pas claire du tout. C'est comme un coup de massue alors que le moral des enseignants et des élèves est déjà bien affecté."

Dans l'enseignement communal à Binche, les élèves de cinquième et sixième primaires partent tous les deux ans au ski. En 2020, ils avaient pu prendre le large avant que la crise sanitaire n'éclate. Cette année, tout était prêt pour réitérer l'expérience. Cette annulation de dernière minute crée donc beaucoup de frustration. "Un voyage comme celui-là, ça se prépare longtemps à l'avance", poursuit Kevin Van Houter. "Les parents avaient déjà cotisé. Les frais du voyage vont leur être remboursés. Mais la plupart avaient aussi engagé des frais pour les équipements. C'est de l'argent perdu. En classe, il y avait aussi une préparation pédagogique sur ce voyage au ski. S'il n'y a pas du concret derrière, ça enlève une partie de l'apprentissage. Surtout, ces voyages, c'est l'occasion pour de nombreux enfants de découvrir le ski et la montagne pour la première fois. C'est aussi l'occasion de vivre de beaux moments entre amis. Ce sont des souvenirs précieux qu'on leur vole."

Cet hiver, quelque 200 élèves de l'enseignement communal à Binche vont donc être privés de vacances au ski. "C'est très compliqué de reporter le voyage, car il faut trouver longtemps à l'avance un endroit qui peut accueillir assez d'enfants en même temps. On ne sait pas non plus quelles seront les conditions après carnaval. L'idéal aurait été de pouvoir maintenir ces sorties tout en mettant en place un protocole, avec des tests par exemple. Les élèves de cinquième année pourront sans doute partir l'année prochaine. Pour ceux de sixième année, on réfléchit à pouvoir organiser autre chose plus tard."