Le nombre de bâtiments vides a fortement diminué dans la Cité du Gille.

Les chancres constituent bien souvent des balafres dans le paysage urbain. De plus, les bâtiments vides apparaissent comme une hérésie alors que les impératifs du droit au logement peinent à être rencontrés. Mais les pouvoirs publics disposent d'une arme pour lutter contre le phénomène: la taxe sur les immeubles inoccupés.

À Binche, le travail porte ses fruits. Depuis son application en 2006, la taxe a permis de faire passer de 600 à 150 le nombre de bâtiments vides. Lors du dernier conseil communal, le groupe Union s'est tout de même inquiété de savoir si cette taxe ne pouvait pas pénaliser des propriétaires dans des situations difficiles. Mais la procédure se veut manifestement compréhensive et laisse de la marge.

"Les propriétaires d'immeubles inoccupés ont un an pour se mettre en ordre entre le moment du constat et la perception de la taxe", explique le bourgmestre Laurent Devin. "Et il faut déjà laisser le temps à l'administration de constater que le bâtiment est vide. Ça ne survient pas tout de suite. Il est vrai que parfois, des situations familiales compliquées peuvent amener une personne à se retrouver avec un bâtiment inoccupé. Mais dans la pratique, il y a donc un certain temps qui est laissé pour régler la situation."

Des recours peuvent en outre être introduits. "Les propriétaires peuvent venir se justifier en apportant des preuves et l'administration se montre compréhensive", poursuit Laurent Devin. "Mais nous avons connu des cas abusifs. Nous avons eu par exemple certains propriétaires qui faisaient trainer leur dossier, en prétendant qu'ils faisaient des travaux. Mais quand on laisse une maison vide en justifiant qu'on investit 2.000 euros par an, ça ne peut pas durer pendant des années comme ça."

À côté du volet répressif, la Ville mène en outre un travail d'information. "Chaque année, les propriétaires de bâtiments inoccupés sont invités à une soirée d'information au Kursaal en présence d'acteurs de terrain comme l'AIS ou le Fonds Logement", complète l'échevin Kevin Van Houter. "L'idée est de trouver avec eux des solutions pour remettre le bien en location ou chercher des pistes de financement pour des travaux de rénovation quand c'est nécessaire. Le but n'est pas de faire de l'argent avec cette taxe, mais bien de faire disparaître les immeubles inoccupés. Idéalement, nous espérons qu'un jour, cette taxe ne rapportera plus rien."