Manque de contacts sociaux à un âge où l'on se construit, difficultés à pouvoir pratiquer un sport, explosion du nombre d'heures passées devant les écrans… Le bilan du confinement est lourd pour les jeunes. Ils ne sont pas les plus touchés par le coronavirus, mais la crise sanitaire, elle, les affecte durement.

Ils ont d'ailleurs pu en témoigner dans des capsules vidéo réalisées par diverses maisons de jeunes. Celle de Binche y a pris part. "L'idée était de réunir des témoignages de jeunes", explique Cédric Henno, coordinateur. "C'est parti d'un collectif de maisons de jeunes et ça s'est propagé dans toute la Wallonie. Nous avons profité d'une distribution de masques en février pour prendre des réactions à Binche."

Le blues des jeunes est perceptible et il n'a pas vraiment surpris le coordinateur binchois. "Depuis le mois d'octobre, les maisons de jeunes ne peuvent plus poursuivre leurs activités en présentiel. Nous avons maintenu un accueil et des animations ludiques en ligne. Mais au bout d'un moment, les jeunes nous ont dit que c'était sympa, mais qu'ils avaient besoin de sortir, de bouger et de voir leurs copains", poursuit Cédric Henno. "Les témoignages que nous avons recueillis ne nous ont donc pas du tout surpris. On s'en doutait."

Avec le confinement, l'Espace Jeunes de Binche a tenté de se réinventer. Mais le virtuel a ses limites. "Nous avons maintenu un accueil en ligne les après-midis et les débuts de soirée. Nous avons aussi mené des ateliers à distance. Mais ce n'est pas évident. Les jeunes nous ont dit eux-mêmes, après quelques mois, qu'ils saturaient des écrans. Il faut dire qu'ils sont déjà en ligne toute la journée pour les cours. C'est dur de continuer encore après."

Avec l'assouplissement des bulles en extérieur, l'Espace Jeunes de Binche commence à pouvoir élargir sa palette. "Nous avons pu organiser des activités en extérieur avec trois jeunes et un animateur. Maintenant, avec les groupes de dix en extérieur, nous pouvons prévoir de nouvelles choses comme des randonnées à pied ou à vélo, des visites de ville… C'est mieux que rien mais nous sommes encore loin des animations socioculturelles qui impliquent plus les jeunes et que nous menons d'habitude."