Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité Elia a rencontré vendredi les représentants des comités de riverains regroupés dans l'association "ReVolht". Elia s'est voulu rassurante, soulignant que la procédure de mise en place de la Boucle du Hainaut est "longue et complexe" et que les prochaines étapes permettront d'apporter des réponses aux questions des citoyens. Ceux-ci restent pourtant perplexes.

Les questions et les inquiétudes restent nombreuses dans les rangs des citoyens concernés par ce projet, présenté comme la réalisation, à l'horizon 2028, du "chaînon manquant" dans le transport l'électricité à travers la province. La Boucle du Hainaut consiste en la réalisation d'une nouvelle ligne électrique de 380 kV et d'une capacité de transport de 6 GW entre les postes à haute tension d'Avelgem et de Courcelles. Le parcours envisagé, long de 84,8 kilomètres, traverse 14 communes hainuyères. 

La procédure a commencé début septembre par le dépôt du dossier de base dans les communes concernées, à propos duquel les autorités et riverains ont pu s'exprimer, a rappelé Elia. La demande de révision du plan de secteur, accompagnée du dossier de base, a été envoyée par Elia le 4 janvier au cabinet de Willy Borsus, le ministre en charge de l'Aménagement du territoire. "C'est désormais au gouvernement wallon d'instruire le dossier, en considérant la proposition du demandeur ainsi que les remarques des citoyens, des autorités locales mais aussi de toute instance considérée comme légitime", a souligné Elia. 

Des éléments émanant de quelque 22.000 courriers de citoyens pendant la période d'avis ont été pris en compte, a ajouté Elia. "Les remarques, questions et alternatives raisonnables seront analysées de manière approfondie lors du rapport sur les incidences environnementales, qui sera réalisé par un bureau d'étude indépendant et agréé par la Région wallonne." 

Le dossier technique de la ligne aérienne ne devrait toutefois pas être altéré, selon Elia. "Seule une liaison 380 kV en courant alternatif est à même de répondre à l'ensemble des besoins. Un nombre limité de kilomètres de la liaison pourrait être enfoui", précise le gestionnaire du réseau. 

Par ailleurs, Elia a indiqué aux représentants des citoyens que le projet de la ligne à 150 kV entre Ruien et Chièvres est actuellement en cours d'étude de faisabilité technique et administrative quant à l'enfouissement de la liaison aérienne actuelle. "Cette liaison aérienne d'un niveau de tension de 150 kV fait partie du réseau local et arrive en fin de vie. Il est donc nécessaire de la remplacer." Le gestionnaire a insisté sur le fait que les deux projets étaient "totalement distincts", "bien qu'une partie de cette liaison soit actuellement dans le corridor de la Boucle du Hainaut". "Quelle que soit l'évolution du projet Boucle du Hainaut, la liaison Ruien-Chièvres devra être remplacée."