Ce mardi, les députés wallons ont voulu faire le point sur le dossier de la boucle du Hainaut. Après la visite des deux ministres en charge du dossier, les différents représentants ont demandé au ministre Borsus de se prononcer sur le plan de secteur. Et ce dernier a confirmé qu'il prendrait bien une décision dans les délais légaux. " Je n'ai pas l'intention d'être enfermé dans un délai de 90 jours, si je n'ai pas connaissance de l'ensemble des consultations", explique Willy Borsus. " Mon intention est bien de rendre un jugement dans les délais convenus, ce malgré un rappel d'Élia."

C'est justement sur cet aspect de la procédure, qu'ont insisté les députés wallons. Elia, meneur du projet, pourrait utiliser un mécanisme de rappel dans le but de forcer le délai de rigueur. En d'autres termes, l'appel d'Élia rajouterait 60 jours au terme du premier délai, qui se termine en avril. Le ministre Borsus a donc rassuré : il prendra bien une décision en prenant compte de l'ensemble des études menées. Rappelons qu'une liste de consultations complémentaires de 50 organismes de divers secteurs a été créée. Ces avis sur le dossier seront tous remis dans les 60 jours, soit au courant du mois d'avril.

Durant son exposé, le ministre de l'aménagement du territoire a aussi pointé un élément important à ses yeux. "La fermeture des centrales nucléaires rend plus que probable l'avènement de la boucle du Hainaut", déclare Willy Borsus. "Je suis désolé mais il faut bien mettre les éléments ensemble. Il faudra bien remplacer l'énergie émise par ces centrales par quelque chose d'autre..." Une déclaration qui rejoint l'étude Jing Dai, où l'expert avait souligné le besoin de capacité du Hainaut par rapport à l’éolien offshore. "Si les centrales, dont Tihange, doivent fermer, il faut pouvoir trouver de l'énergie pour alimenter ces éoliennes."

Dans l'après-midi, la ministre de l'environnement, Céline Tellier, répondait elle aussi aux interrogations des députés wallons. Jacqueline Galant, y a d'ailleurs profité pour discuter de la visite de Céline Tellier dans seulement quatre communes de la région. "C'est dommage d’aller uniquement où Écolo est dans la majorité alors que votre confrère, Willy Borsus s'est rendu dans l'ensemble des communes", interpelle Jacqueline Galant. Une remarque qui n'a pas tardé à faire réagir Céline Tellier. Cette dernière rappelle que tous les bourgmestres ont bien été conviés en visio-conférence à partager leur avis. "J'ai volontairement diminué mes déplacements pour limiter les risques sanitaires, nous étions encore dans un risque particulièrement aigu", ajoute la ministre wallonne. "J'ai bien entendu les témoignages de tout le monde et je n'hésiterai pas à visiter votre commune, si vous m'y invitez."

La ministre a d'ailleurs confirmé que des seuils normatifs concernant les ondes magnétiques, seront bien fixés, après les résultats de l'étude complémentaire. Des conclusions qui seront reçues d'ici la fin de l'année. Un délai considéré comme trop important par le député, François Desquesnes, avant la prise de décision de Willy Borsus. La ministre a insisté sur le fait qu'à ce stade, ce choix ne concerne qu'une révision de plan et non une demande de permis. Et si cette révision avance, elle devrait prendre au minimum trois ans. "Il me semble donc que le timing est adéquat", conclut Céline Tellier. "Le promoteur du projet devra bien répondre, au moment du dépôt du permis, aux règles environnementales en vigueur." Un aspect important, quand on sait que ces ondes magnétiques, au-delà d'un certain seuil, peuvent provoquer des leucémies chez les enfants. 

Un élément est encore attendu dans les prochaines semaines : la contre-expertise demandée par Willy Borsus. Le projet d'Élia est donc encore loin d'être approuvé, ou non.