Alors qu'Elia présentera officiellement son projet de Boucle du Hainaut à la presse ce vendredi, les citoyens des quatorze communes concernées seront bientôt appelés à également en prendre connaissance. Ils pourront en effet, sur base d'une vidéo mise en ligne les 24 et 25 septembre, réagir dans le cadre de la procédure de révision de plan de secteur. Une étape qui constitue le lancement officiel des manœuvres.

Parmi les 14 communes concernées, certaines seront plus fortement impactées : Seneffe, Écaussinnes, Soignies, Frasnes, Leuze ou Brugelette qui seront traversées de part en part par ce projet de nouvelle ligne à haute tension. "L'enquête publique commence maintenant, mais l'accompagnement n'existe pas. Les communes sont laissées à elles-mêmes et les citoyens vont devoir faire face à une enquête publique sur laquelle il y a un dossier volumineux", regrette le député François Desquesnes (cdH) qui a interpellé ce mercredi la ministre wallonne de l'environnement Céline Tellier (Ecolo).

Après un renvoi de la balle entre différents ministres, le Sonégien demande d'envisager que tout ou partie du tronçon soit enterrée et que le Gouvernement wallon se mette au milieu du jeu. "Il faut qu'il soit vraiment dans la responsabilité et dans un engagement clair, et qu'il ne se cache plus derrière les procédures."

© BELGA

"Plusieurs autorités communales et les autorités régionales également ont sollicité Elia pour obtenir davantage d'informations et également préconiser pour certaines d'entre elles l'enfouissement des lignes pour limiter l'impact sur le paysage et sur la santé des riverains", répond Céline Tellier. "À ma connaissance, certaines de ces propositions ont d'ores et déjà été intégrées dans le projet actuellement sur la table."

La ministre assure également que l'étude d'incidence, réalisée dans le cadre de la future procédure du permis d'urbanisme (pas avant 2023), pourrait changer la donne. "Je vais reprendre un exemple d'une ligne dans une autre région qui était du côté d'Auvelais-Gembloux. La réunion d'information préalable et tout le processus a abouti finalement à passer d'une ligne aérienne à une ligne souterraine. Le cadre légal wallon permet d'adapter les projets lorsque la participation citoyenne, la participation des communes le souligne."

"D'un point de vue objectif, il y a évidemment des risques avérés pour la santé", admet-elle. "J'ai à cœur la santé de nos concitoyens, le respect du principe de précaution. C'est pourquoi cette étude d'incidence sera réalisée. Les conclusions sont également vérifiées par le pôle Environnement du Conseil économique, social et environnemental. Il y a un certain nombre de dispositifs qui permettent de faire en sorte que la législation soit respectée et que la santé de nos citoyens soit également respectée."

De son côté, François Desquesnes regrette encore une fois que le Gouvernement wallon n'avance pas plus rapidement. "En Flandre, il y a un même projet de ligne à haute tension qui est en cours. Et le Gouvernement flamand a pris le taureau par les cornes, il a décidé effectivement de faire une contre-étude pour permettre un vrai dialogue avec les citoyens. À un moment donné, si l'on veut remettre les compteurs et la balle au milieu du terrain et ne pas la faire pencher d'un seul côté, il va falloir que le Gouvernement wallon se mouille."