Ce n’est pas la première fois qu’une motion concernant le projet de la Boucle du Hainaut est déposée par la Ville de Soignies. Mais celle du conseil communal dernier rassemble les citoyens et les élus politiques, puisque le groupe Revolht a lui aussi été convié à partager son avis dans cette motion. "Il faut que l’on reste solidaire", a déclaré la bourgmestre, Fabienne Winckel. "Les élus sans les citoyens ne se feraient pas entendre et vice-versa. Le fait de faire bloc de manière groupée, c’est vraiment quelque chose d’important."

Les quatre groupes politiques de la commune ont, en effet, cosigné ensemble cette motion. C’est dire l’importance d’un tel dossier. "Le temps passe, les incertitudes persistent mais l’unanimité communale contre ce projet est toujours bien ancrée et à toujours beaucoup de vigueur", souligne le conseiller communal, Patrick Prévot.

Le message est clair : la Ville de Soignies ne veut pas du projet d’Elia. C’est pourquoi cette dernière demande au gestionnaire du réseau électrique de retirer sa demande. "Comment est-ce possible de déposer ce type de dossier alors que les éléments importants sont seulement en train d’être étudiés ?", s’est questionnée Fabienne Winckel. Et c’est justement le message principal de cette motion. Le groupe demande aux autorités régionales d’abandonner l’examen du projet dans la mesure où les résultats des études ne sont pas encore connus.

Les ministres en charge du dossier, Willy Borsus et Céline Tellier, ont lancé différentes études depuis leur visite dans les communes du centre. Le ministre de l’aménagement du territoire a lui demandé une étude complémentaire "pour challenger celle rendue sur base des chiffres d’Elia." Alors que la ministre wallonne de l’environnement souhaite établir des normes de seuil concernant les champs magnétiques dégagés par les lignes à très haute tension.

Dans son texte, la Ville de Soignies propose la création d’un comité d’accompagnement, composé d’élus mais aussi de représentants de citoyens. "C’est vraiment un point important pour nous", a commenté Fabienne Winckel. "Ce comité garantirait la transparence des études demandées par les ministres wallons. Nous souhaitons assurer la sécurité de tout le monde." À l’issue de ses délibérations, le comité transmettrait les avis, non seulement aux autorités régionales mais aussi aux différents présidents de partis.

Une collaboration entre autorités communales et citoyens, qui s’investissent tous les jours dans des actions. "Nous tenions à remercier l’ASBL Revolht pour son dynamisme et dans sa lutte acharnée contre ce projet", a ajouté l’échevin Louis-Philippe Borremans. "Sans les citoyens, le combat serait plus difficile."