Une deuxième enquête internationale externe a été lancée dans le cadre du projet controversé de Boucle du Hainaut, annonce mardi le ministre wallon de l'Aménagement du territoire, Willy Borsus. Le 6 janvier dernier, le gouvernement wallon a été saisi par Elia d'une demande de révision du plan de secteur relative à la réalisation d'une ligne électrique aérienne d'une capacité de transport de 6 GW à une tension de 380 kV, entre Mont-de-L'Enclus (à proximité du poste d'Avelgem), et le poste électrique de Courcelles.

Dans ce cadre, le ministre régional a souhaité vérifier la nécessité de l'infrastructure mais aussi que les choix notamment technologiques opérés par la société, qui orientent la définition du tracé et les conséquences qui en résultent en termes d'aménagement du territoire, bénéficient d'une assise suffisante sur le plan de l'expertise scientifique, rappelle Willy Borsus.

A cette fin, une contre-analyse a été initiée, le marché étant attribué fin avril à l'experte canadienne Ménélika Bekolo Mekomba, diplômée de l'École Polytechnique de Montréal et membre de l'équipe de planification du réseau d'électrique (production, transport et distribution d'électricité) de l'unique gestionnaire de réseau de la grande interconnexion du Québec (Hydro-Québec). Cette expertise est donc totalement indépendante par rapport à Elia ainsi que par rapport à l'expert qui a mené la première évaluation du choix technologique, ajoute le ministre.

Le délai d'exécution de cette contre-analyse est de 90 jours, avec une phase préalable de 10 jours pendant laquelle l'experte sollicite d'Elia les données nécessaires à l'accomplissement de sa mission. Le cahier des charges prévoit notamment que l'objectivation du besoin doit s'appuyer sur une analyse des besoins en consommation, actuels et à terme, aux niveaux provincial, régional, national et international.

Sur base de cette objectivation du besoin, il est prévu de déterminer la puissance nécessaire mais aussi d'évaluer les risques de saturation en cas de sous-dimensionnement ou de non-réalisation d'une nouvelle infrastructure. De même, le cahier des charges pose explicitement la question de savoir si d'autres technologies de transport, une liaison en courant continu, d'autres niveaux de tension ou l'enfouissement peuvent constituer des alternatives crédibles au projet déposé par le demandeur, détaille Willy Borsus.

Par ailleurs, selon ce dernier, le dépouillement des résultats de la phase de consultation préalable du public est toujours en cours au sein de l'administration tout comme les avis des 66 organismes et services administratifs consultés afin de prendre en compte toutes les dimensions du dossier.

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