Les boîtes mails et les boîtes aux lettres des communes impactées par le projet Boucle du Hainaut ont été littéralement inondées de courriers ces derniers jours. Et encore davantage ce week-end et ce lundi puisque de nombreux citoyens ont attendu les dernières heures de la procédure d'avis pour réagir. Que ça soit à Soignies, Ecaussinnes, Seneffe ou Braine-le-Comte, les services de l'urbanisme admettent ne jamais avoir connu une telle mobilisation de masse contre un même projet.

Il est vrai que la volonté d'Elia de construire une ligne à très haute tension entre Avelgem et Courcelles a créé une levée de boucliers sans précédent dans la région de la Haute Senne, allègrement traversée d'Ouest en Est. Plusieurs collectifs de citoyens se sont formés tandis que les représentants politiques, souvent réunis en front commun, ont encouragé la population à se mobiliser massivement.

Le résultat est tout simplement hallucinant. Même si le comptage n'est pas encore achevé et que les communes devront effectuer un tri notamment pour enlever les éventuels doublons, on estime avoir reçu près de 6 000 courriers rien qu'à Soignies, 4 000 autres à Ecaussinnes, un petit millier à Seneffe ainsi que plus de 400 à Braine-le-Comte. Soit plus de 11 000 lettres qui seront transmises au Gouvernement wallon. Sans compter celles des autres communes impactées du tracé.

Les citoyens avaient entre le 26 septembre et le 12 octobre, soit 15 jours ouvrables au total, pour réagir à la procédure d'avis ouverte dans le cadre de la demande de révision du plan de secteur. L'envoi de courriers dans ce cadre est donc clôturé. Mais il est toujours possible de se faire entendre via les conseils communaux. "Il n'était pas possible de modifier le délai de 15 jours ouvrables mais je signale qu'il est possible pour tous les conseils communaux d’intégrer à leur délibération les observations qui auraient été formulées entre temps", glisse Willy Borsus (MR), le ministre wallon de l'aménagement du territoire.

Nul doute que les collectifs de citoyens en profiteront jusqu'au bout. "Nous ne relâcherons rien de notre mobilisation, bien au contraire, tant que nos décideurs ne nous auront pas rassurés et évacués ce cauchemar de nos pensées", a prévenu Philippe Janssens, au nom du groupe les Survoltés d'Ecaussinnes.

De son côté, Willy Borsus a également annoncé qu'il avait l'intention de se rendre dans les communes concernées dans les prochains jours pour rencontrer différentes délégations de citoyens. Tout en rappelant que "l’information préalable du public a pour objectif principal de faire entrer les citoyens dans une démarche participative en vue d’améliorer, de façon critique le cas échéant, le processus d’évaluation environnementale et de s’assurer que tous les éléments auxquels la population et sensible et que toutes les alternatives soient examinées par le bureau d’étude agréé qui en sera chargé."

En effet, de nombreuses consultations vont encore avoir lieu au niveau communal, au niveau citoyen ou au niveau des structures représentatives. "Les communes auront également un regard sur le contenu du Rapport sur les Incidences Environnementales (RIE) au travers de leur CCATM. Au-delà de ces éléments de procédure, je souhaite m’entourer d’un maximum d’analyses, d’expertises et de garanties notamment techniques et plus largement à tous égards pour l’examen et la conduite de ce dossier."

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