Le mois d’avril devait être crucial pour le projet de la Boucle du Hainaut. Willy Borsus, le ministre wallon en charge de l’aménagement du territoire, disposait de 90 jours pour prendre position sur le dossier introduit par Élia, le gestionnaire du réseau d’électricité. Le ministre devait décider d’approuver, ou non, la modification du plan de secteur pour implanter la ligne à très haute tension. Mais voilà, en date du 7 avril, Willy Borsus ne s’est toujours pas prononcé.

Lors d’une rencontre avec le groupe Revolht de Seneffe, ce lundi, le ministre a confié avoir demandé une étude supplémentaire afin d’analyser plus en profondeur les 22 000 courriers écrits par des citoyens. Willy Borsus juge que d’autres éléments doivent encore lui parvenir. Il y a donc fort à parier que le délai de 90 jours ne soit pas respecté. Une décision tout à fait légale , puisqu’il était purement facultatif.

Du côté du groupe-citoyens Revolht, le retard est vu d’un très bon œil. "Recevoir plus de 20 000 courriers pour une enquête publique, ce n’est pas anodin", réagit Marie Reman, responsable de la communication. "Nous comprenons que cela entraîne des retards au niveau de l’administration. Ça prouve aussi que le ministre souhaite bien analyser l’entièreté des demandes des citoyens."

Élia pourrait surenchérir. En effet, le gestionnaire a la possibilité d'imposer un délai de rigueur de 60 jours, comme nous l’avions annoncé dans nos colonnes. Il forcerait donc le ministre à prendre position, ce qui est peu probable. Selon les informations de Le Soir, la décision de Willy Borsus pourrait être prise avant le début des grandes vacances . "En tant que citoyen, le plus vite sera le mieux", confie Marie Reman. "Ce dossier est une source de fatigue pour tout le monde. Nous avons chacun une vie professionnelle et privée sur le côté. On espère partir en vacances le cœur léger." Pour le moment, l’avenir de la Boucle du Hainaut est toujours en suspens.

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