Les Brainois jouiront-ils d'une nouvelle Grand-Place attractive, qui fait la part belle à la convivialité et à la verdure d'ici 2024? C'est l'objectif de la majorité communale MR-PS, qui a ressorti l'an dernier ce dossier de rénovation urbaine oublié pendant 7 ans. Repartant sur les bases définies en 2013 avant sa mise au frigo pour manque de moyens, ce nouvel avant-projet a été présenté aux conseillers communaux avant de l'être au ministre wallon en charge de la Rénovation Urbaine Christophe Collignon.

Que réserve cet avant-projet? Il va transformer une Grand-Place, qui est actuellement un amas de macadam sur lequel stationnent des véhicules, en un espace convivial, végétalisé et multifonctionnel. "L'objectif est de favoriser les modes doux, de diminuer les conflits de véhicules sur la N6, d'ajouter de mobilier mobile quand il n'y a pas d'occupation, une gestion des eaux, et la remise en lumière de l'identité-même de notre ville", énumère Léandre Huart, échevin à l'urbanisme. Cette nouvelle place doit permettre de "recréer une nouvelle image, de redorer le centre-ville, et de remettre en lumière les commerçants et l'Horeca via de grandes terrasses."

Concrètement, il est prévu de diminuer le stationnement à 29 emplacements dynamiques au profit des commerçants, dont 3 pour les PMR et 4 pour les véhicules électriques. Des racks à vélos seront également installés. Une disparition à noter: le pavillon de l'office de tourisme, énergivore, sera rasé et remplacé par un espace vert.

La Grand-Place fera la part belle aux végétaux puisque 840 m² de zones vertes et 33 arbres seront plantés, le long de la N6 notamment. Cette dernière sera mise à 30 km/h entre l'église et l'école Saint-Gabriel. Sur la Grand-Place, la circulation ne se fera plus que sur une seule bande et de manière à empêcher les automobilistes d'en faire le tour.

Travaux en 2023?

Le terrain de jeu de balle sera par contre maintenu et ses dimensions seront mises aux normes afin de pouvoir prétendre aux subsides Infrasports. "La Grand-Place est un lieu de vie. Cet espace vide sera voué à être rempli en fonction des différentes activités", précise l'échevin. Quant au marché, il pourra toujours se tenir sans encombre: "nous avons pris en considération le plan du marché pour que toutes les échoppes rentrent."

Le kiosque, classé, sera évidemment maintenu et valorisé, tout comme l'hôtel d'Aremberg, autre élément patrimonial significatif de la Grand-Place, grâce à un éclairage revu. Enfin, sous la Grand-Place, tous les impétrants seront rénovés (égouts, électricité…). Le budget prévisionnel s'élève à 3 093 130 € TVAC. Des subventions à hauteur de 60 à 80% suivant le type de travaux pourront être sollicitées, tandis que le remplacement de l'égouttage sera subsidié à hauteur de 100%.

La demande de permis devrait être introduite en février, suivie de l'enquête publique. Si tout va bien, les travaux débuteront en 2023.

Augmentation du budget

L'avant-projet a suscité un accueil tiède de la part de l'opposition, le groupe Ensemble regrettant que le projet n'ait pas pu être entièrement remis sur le métier pour rester dans le cadre du dossier ficelé en 2013, et s'étonnant du montant des travaux, passant d'une prévision de 1,8 million € à 3,1 millions €.

Précisément parce que le projet a été remis à jour, en concertation avec différents intervenants, dont des citoyens, grince la majorité qui n'accepte pas le reproche de non-concertation émanant de l'opposition.

"On veut des résultats. On sait que ça prend du temps. On a enfin les moyens de faire la Rénovation urbaine, et on a ressorti le projet 2013, qui a fait l'objet d'un processus de participation citoyenne", insiste le bourgmestre Maxime Daye. "On a fait des adaptations liées à l'évolution des choses: on a verdurisé davantage la Gd Place. Et ça coute." Tout comme le fait de prévoir un bassin de rétention d'eau sous les jeux d'eau, ce qui n'était pas prévu à la base.

Maxime Daye en est convaincu: le projet que sa majorité porte est bon pour la commune: "quand on va pouvoir montrer que nous avons une belle grand-place, les gens vont se battre pour y avoir des cellules."