Le recours des riverains mécontents a été accepté.

Le projet de transformation de la ferme du Hameau de Favarge en un gîte de grande capacité risque bien de tomber à l'eau. Le permis unique pour rénover et transformer les bâtiments qui avait été octroyé par la commune en juillet 2019 vient d'être cassé par la Région wallonne. Des citoyens, essentiellement des riverains, ont en effet porté un recours auprès du ministre de l'aménagement du territoire Willy Borsus (MR) et de la ministre de la rénovation rurale Céline Tellier (Ecolo). Et ces derniers ont donné raison à ce recours qui annule donc la décision de la commune.

Cette décision des deux ministres a été essentiellement motivée par trois motifs. Le premier concerne la dérogation demandée pour modifier le plan de secteur. La demande a été jugée incompatible avec la zone agricole. Le second argument relève de l'urbanisme : le réhaussement de l'un des bâtiments côté voirie "qui apporte une rupture de la composition existante et nie complètement la valeur patromoniale du bien". Enfin, le troisième critère concerne les projets de modification de voiries.

Les propriétaires, qui ont acquis le bâtiment en 2016, peuvent encore contester cette décision devant le Conseil d'Etat ou redémarrer toute la procédure à zéro avec une nouvelle demande de permis adaptée au regard des remarques.

Le projet vise à établir dans cette ancienne ferme un gîte d'une capacité de vingt chambres (56 personnes) comprenant également une salle de réception, une cuisine semi-professionnelle, une piscine intérieure, un sauna et un jacuzzi. L'idée est d'y permettre l'organisation de séminaire ou de fête en proposant une solution de logement sur place pour les invités. Le tout dans cette ancienne ferme carrée et ses 200 années d'histoire qui est d'ailleurs reprise dans l'inventaire du Patrimoine Monumental de Belgique.

C'est d'ailleurs ce qui a en parti valu un premier refus de la demande de permis en avril 2018. Des citoyens s'étaient déjà opposé au projet de gîte. Ils craignaient les problèmes de mobilité, les nuisances sonores ou encore les menaces pour la biodiversité locale. Le projet avait alors été revu dans son ensemble et ses détails afin de se conformer aux remarques émises. La capacité de la salle a par exemple été réduite à 151 personnes tandis que le projet de parking prévu dans la prairie en face de la ferme Derycke a été abandonné. Mais ces changements n'étaient visiblement pas suffisants pour les riverains... et les ministres.