L’ouverture, ou non, du secteur Horeca le 1er mai, en protestation contre les mesures sanitaires, était en suspens ces derniers jours. Entre les discours intransigeants du gouvernement et la volonté d’agir symboliquement, certains commerçants restaient perplexes face au mouvement. Ce lundi, le collectif « Wallonie Horeca » a renoncé à ouvrir les terrasses le 1er mai. Face à ce retour en arrière du collectif, il était donc prévisible que la plupart des restaurateurs et cafetiers changeraient de position.

À Braine-le-Comte, le collège communal n’a pas attendu la décision du collectif pour agir. La semaine dernière, une concertation a directement été organisée entre les autorités communales et l’ensemble de l’Horeca de l’entité. "L’objectif était de voir les intentions de chacun", précise le bourgmestre, Maxime Daye. "Personne n’a l’intention d’ouvrir le 1er mai dans notre ville." La question de l’obtention du double droit passerelle mis en jeu a probablement pesé dans la balance.

Toutefois, le bourgmestre a souhaité éclaircir la ligne directrice brainoise dans le cas où un établissement ouvrirait tout de même sa terrasse. "Si malgré tout quelqu’un souhaite ouvrir le 1er mai, les bourgmestres sont légalistes", explique Maxime Daye. "J’ai prêté serment et donc je me dois de respecter les règles en vigueur. Il faut être très clair, le fait de ne pas respecter l’arrêté ministériel sur les règles du covid est une infraction pénale. Et donc ça dépend des parquets et non des bourgmestres, ni des autorités communales, ni du collège communal." En d’autres termes, cela signifie que la police sanctionnera, si elle devait constater une terrasse ouverte illégalement avant le 8 mai.

Concernant cette ouverture officielle des terrasses, le protocole n’a toujours pas été communiqué aux différents bourgmestres de la région du Centre. Une dizaine de terrasses devraient accueillir du monde à partir du 8 mai, sur l’entité brainoise. "Nous avons fait le point établissement par établissement, terrasse ou non, la semaine dernière", poursuit le bourgmestre. "Il faut savoir que beaucoup de gérants de l’horeca préfèrent attendre un retour à la normale, c’est-à-dire, de pouvoir aussi avoir l’intérieur." La raison principale reste évidemment le temps variable en Belgique, où il est difficile de rester en terrasse avec les basses températures de soirée. Pour les personnes intéressées, un plan-terrasse est prévu pour permettre l’agrandissement des espaces extérieurs.

L’idée de bloquer la rue de la Station, dans le centre de Braine-le-Comte, avait également émergé. Le projet de la rendre piétonne est en discussion depuis plusieurs années, mais il a été accéléré avec la situation sanitaire. Toutefois, il n’en sera pas question dans les prochains mois. "Il y a seulement deux restaurants dans la rue", déclare Maxime Daye. "L’un a une terrasse sur l’arrière, assez grande et qui ne débordera pas sur la rue. Et donc il n’y a qu’un commerce qui potentiellement pourrait mettre une terrasse. Je lui ai proposé, mais il ne souhaite pas à ce stade jouir de cette faculté."

Il faut également prendre en compte la circulation autour de cet axe central de la ville. En travaux actuellement, la fermeture de la rue de la Station provoque des problèmes de mobilité et même d’accès au commerce. "Je ne pense pas que cela soit la solution. Les commerces ont besoin de passage, particulièrement en ce moment."