Ce n’est désormais plus qu’une question de temps avant que le vaccin Johnson & Johnson ne soit administré en Belgique, le pays étant déjà en possession de 36 000 doses. Vaccin privilégié pour la vaccination à domicile, il sera également préconisé pour la vaccination des personnes sans-abri, un public qui peut, par nature, être plus difficilement atteint. L’avantage majeur de Johnson & Johnson réside dans le fait qu’une seule dose est nécessaire.

Du côté du CPAS de La Louvière, on se tient prêt à intervenir et à mobiliser les troupes afin de permettre à ce public précarisé de se porter candidat à la vaccination. "Un groupe de travail a été constitué afin d’aborder la problématique et préparer nos interventions", confirme Nicolas Godin (PS), président du CPAS. "L’utilisation de Johnson & Johnson et donc d’une dose unique est pour nous la meilleure des solutions puisque nous avons à faire à un public par définition très mobile."

Dans la Cité des Loups, les injections seront donc proposées en collaboration avec l'ONG Médecins du Monde, déjà active sur le territoire avec un médibus. "On s’interroge évidemment sur la meilleure des solutions à mettre en œuvre pour toucher un maximum de personnes. On se rend bien compte qu’il est difficile de les inviter à se présenter un certain jour, à une certaine heure. On souhaite envisager la décentralisation des soins au sein de nos différents dispositifs."

À ce stade, aucune modalité n’a été transmise par le gouvernement à la structure sociale, qui navigue donc à vue. "Cette campagne de vaccination demande énormément d’organisation d’un point de vue logistique. Si nos médecins ont accès à un certain nombre de doses quotidiennes, ils ne disposeront que de quelques heures pour les administrer. Nous devons donc être en mesure de nous assurer que les candidats seront bien présents."

Par ailleurs, des mesures devront pouvoir être prises en cas d’effets secondaires indésirables. "Outre le quart d’heure de sécurité après l’injection, nous souhaitons qu’une attention particulière puisse leur être apportée dans les jours qui suivent, puisque l’on sait que tout le monde ne réagit pas de la même façon aux vaccins. Cette campagne de vaccination est un sacré défi mais grâce à Médecins du Monde, nous espérons le relever dans les meilleures conditions possibles."

Au-delà de la quarantaine de personnes qui fréquentent plus ou moins régulièrement les dispositifs du CPAS de La Louvière, ce dernier peut s’attendre à en accueillir d’autres, mal logées mais pas sans-abri, ce qui pourrait porter le nombre de candidats au vaccin à une centaine de personnes. Par ailleurs, Nicolas Godin et ses équipes ne seraient pas étonnés de devoir offrir plusieurs moments de vaccination afin que les absents ou les indécis puissent en bénéficier, s’ils en expriment la volonté évidemment puisque le vaccin contre le covid-19 n'est pas obligatoire.