C'est du belge. Une semaine après son lancement, la campagne de vaccination en Wallonie est le sujet principal des discussions. Nombreuses sont les réactions depuis la semaine dernière sur le rythme, qualifié de lent en Belgique. Une situation qui surprend même nos voisins britanniques. Le rédacteur politique d'EuroNews avait lui même posté un tweet. " La Belgique a reçu 201 600 doses du vaccin AstraZeneca, mais seulement 9 832 ont été administrées, soit moins de 5% !", écrit Darren McCaffrey.

La population belge commence, elle aussi, à s'agacer de la situation. En visite au Centre Hospitalier Régional de la Haute Seine, le ministre-président de la Wallonie, Elio Di Rupo et la ministre wallonne de la santé, Christie Morreale ont largement abordé le sujet. Ces derniers ont tenu à rassurer la population sur le rythme de la campagne. " Les Wallons reçoivent un flux d'informations important et ça crée un trouble", avoue Elio Di Rupo. "Nous comprenons la frustration par rapport aux soucis qu'il y a eu mais tout est sous contrôle. Il faudra encore un peu de patience."

Plus facile à dire qu'à faire ? La réaction d'un infirmer vacciné ce matin est plutôt parlante. " Ça fait plus d'un an maintenant qu'on demande à tout le monde d'être patient", s'indigne Jérémy. "Les problèmes dans l'organisation, c'est normal mais c'est la communication qui doit être améliorée."

C'est ce qui a coincé à Ronquières. Ouvert mardi dernier, le "village" de vaccination avait du suspendre ses activités par manque de communication entre les autorités régionales et le terrain. Une réalité dont est conscient les élus politiques. " Il y a plusieurs éléments à régler", reconnait la ministre, Christie Morreale. "À Ronquières, la situation est maintenant rectifiée. Celui qui n'essaie pas, ne fera pas d'erreur, c'est certain." C'est surtout au niveau de l'organisation que les couacs ont été réglés. "Les personnes ne se rendent pas compte de tout ce qui se cache derrière ces centres", dénonce la bourgmestre de Soignies, et présidente de l'Aviq, Fabienne Winckel. " Le wagon a eu du mal à se lancer mais les choses rentrent dans l'ordre."

C'est surtout l'approvisionnement des vaccins qui posent problème. "La firme Pfizer nous a confirmé que le nombre de doses était au final très limité", déclare Elio Di Rupo. "C'était une mauvaise nouvelle, je le sais. Le vaccin Moderna est quant à lui encore plus limité. Nous attendons un gros arrivage d'ici le milieu du mois de mars."

En attendant, la stratégie wallonne est d'utiliser un maximum les doses AstraZeneca. En Wallonie, plus de 500 000 personnes ont été vaccinées via ses doses. Elles sont majoritairement des personnes âgées de plus de 80 ans. Une autre possibilité reste le vaccin Jonhson. "Une seule dose serait nécessaire pour celui-ci", continue Elio Di Rupo. "Il va permettre d'atteindre nos objectifs, d'arriver à un pourcentage élevé de vaccination. Une grande quantité sera disponible d'ici le mois d'avril."

Quant aux problèmes des convocations, la ministre Christie Morreale, reconnait que les couacs se sont enchaînés. Courriels adressés aux mauvaises personnes, d'autres jamais envoyés, nos journalistes ont révélé que des mails avaient aussi été envoyés à des personnes décédées. "Le bug des convocations et du site va être réglé", confirme Christie Morreale. "Des erreurs ont été commises, c'est pourquoi nous avons décidé d'envoyer les convocations par courrier postal." En effet, depuis le mardi 24 février, 35 000 convocations sont parties sous le format papier pour " palier aux problèmes informatiques."

Les ministres se veulent donc rassurant sur la rapidité de la campagne de vaccination. Ils s'accordent pour annoncer la vaccination du grand public à la mi-mars et plus largement, durant le courant du mois d'avril.